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Un drone pour mieux prévoir les cyclones

10/04/2019

Tous les moyens sont bons pour mieux prévoir l'intensité, la trajectoire et les conséquences du passage d'un cyclone. En février et mars 2019, Météo-France a donc mené des campagnes de mesures météorologiques depuis La Réunion, alors que le cyclone Joaninha évoluait dans l'océan Indien. La nouveauté c'est que cette mission était remplie par un drone.

Drone Boréal en vol. © Météo-France, Grégory Roberts.
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Développé par la société toulousaine BOREAL SAS, le drone utilisé a les caractéristiques d'un petit avion. Il pèse 24 kg pour 4 m d'envergure et dispose d'une autonomie de 10 heures/1 000 km. En février, il a effectué un vol de plus de 5 heures en parcourant 502 km. Il est capable de collecter des mesures dans le vaste environnement dans lequel se forment les cyclones, y compris à très basse altitude, une zone inaccessible aux avions de recherche. C'est essentiel puisque les premiers mètres au-dessus de la mer sont une zone d'enjeux importants et peu connus faute d'observations. Dans cette zone, les échanges qui se nouent entre l'océan et l'atmosphère ont un impact sur l'ensemble du cycle de vie des cyclones.

Visualisation écran station sol télépilotage drone Boréal.
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Une première campagne de mesures s'était déroulée en février pour éprouver le drone, une deuxième, en mars, d'une dizaine de jours, a permis de mesurer les conditions de vent et de concentration d'aérosols marins au voisinage d'un cyclone tropical.

Ces campagnes menées par le Centre national de recherches météorologiques (CNRM, Météo-France/CNRS) et le Laboratoire de l'atmosphère et des cyclones (LACy, Météo-France/CNRS/Université de La Réunion) entrent dans le cadre de deux projets de recherche :

  • ReNovRisk, qui analyse les aléas associés aux cyclones tropicaux et leurs impacts sur le développement économique de la région
  • MIRIAD qui tend à développer un système d'acquisition par drone dans les basses couches de l'atmosphère.

Améliorer aussi la résilience des territoires touchés par les cyclones

Le programme ReNovRisk, lancé en 2017 et financé par la région Réunion à travers des programmes européens, a pour ambition d'améliorer la capacité de résilience des territoires face aux aléas liés au passage d'un cyclone. Il propose ainsi d'adapter ou de développer pour chacun de ces aléas (vent, houle, submersion marine, crues et inondations, érosion et glissement de terrain de grande ampleur) des moyens d'observation et des outils de modélisation numérique à l'échelle des principales îles de la région. Il doit également évaluer les coûts macroéconomiques des dégâts directs et indirects, et développer des dispositifs innovants pour améliorer les chaînes d'analyse et de décision, en vue d'un développement durable des territoires. Pour atteindre ces objectifs, le programme s'appuie sur deux campagnes de mesures in situ par drone.

Nez du drone boréal. © Météo-France, Fabrice Julien.
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Le projet MIRIAD, lancé en 2016 pour une durée de 4 ans et coordonné par Météo-France avec BOREAL SAS, cherche à développer un système de mesures par drone lors de vols rasants (une dizaine de mètres au-dessus de la mer) et sur de longues distances (1 000 km). L'objectif est de mieux connaître les échanges océan/atmosphère afin d'améliorer certaines paramétrisations utilisées dans les modèles numériques de prévision du temps et les modèles de climat. MIRIAD est financé par l'Union européenne et la région Occitanie.


 

Actualité par Météo-France