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La météo, c’est plus qu’un « boulot » !

22/03/2019

Ils travaillent à Météo-France. Souvent passionnés, toujours engagés à fond, ils
témoignent de leur métier :
 

Nathalie Cerisier, 49 ans, chef-prévisionniste



« Mon métier, je le vis comme une mission, encore plus depuis que je suis chef-prévisionniste. Nous avons la responsabilité des vigilances. Ce n'est pas toujours évident. C'est un métier passionnant mais parfois stressant. Il n'y a pas de monotonie. Chaque vacation est différente. Les situations météorologiques peuvent parfois se ressembler, mais elles ne se gèrent jamais de la même façon. Les enjeux sont multiples.

D'ailleurs, quand je sors de deux journées compliquées d'affilée, je suis souvent épuisée. La décompression est nécessaire. Pendant mon temps libre, je fais pas mal de sport, natation et course pour me régénérer.

Quand on prend une décision de vigilance, les conséquences qui en découlent peuvent être lourdes. Les retours sont immédiats. Il ne faut pas oublier que le sens de notre mission est la mise en sécurité des personnes et des biens.

Je crois avoir le sens de l'organisation, c'est important, car il faut savoir synthétiser rapidement beaucoup d'éléments pour pouvoir prendre la décision adéquate. Il faut aussi avoir du recul par rapport aux situations, face à l'entourage, face aux pressions. Il faut parfois savoir s'en détacher.

Je ne considère néanmoins pas cela comme une responsabilité individuelle. Le travail en équipe est essentiel, il faut le souligner. Le travail de prévisionniste est essentiellement collaboratif, à la fois avec les collègues du CNP (Centre national de prévision), mais aussi et surtout, avec les prévisionnistes régionaux. La prise de décision sur la vigilance se fait en commun avec les chefs-prévisionnistes régionaux. Ces échanges sont primordiaux.

Enfin, ce que je trouve de très intéressant dans ce métier, ce sont les échanges avec les prévisionnistes étrangers. J'ai pu effectuer plusieurs missions de formation (prise en main des stations de travail – Synergie ou Synopsis – vigilance, météorologie générale) en Indonésie, en Moldavie, au Maghreb. C'est très enrichissant de pouvoir rencontrer des personnes qui font le même métier que nous, dans des conditions parfois très différentes».
 

Stéphane Croux, 44 ans, chargé de mission prévention des risques et sécurité civile



« Mon travail consiste à être l'interface entre Météo-France et les services de l'État en charge de la sécurité des personnes et des biens. Je suis en contact avec les équipes chargées de la prévention des risques au ministère de l'Écologie, les autorités sanitaires, les gestionnaires de crise au ministère de l'Intérieur. Je recueille et analyse leurs besoins et j'accompagne la prise en compte de leurs demandes en interne. Je les sensibilise aussi aux contraintes de Météo-France, scientifiques, techniques et humaines.

J'aime mon métier. Les phénomènes météo me fascinent depuis que je suis tout petit. La neige en particulier. J'ai grandi à Toulouse où elle tombe rarement, alors quand on annonçait un épisode neigeux, je restais parfois éveillé toute la nuit pour voir les flocons tomber. Ça m'arrive encore aujourd'hui lorsque nous prévoyons un phénomène météo dangereux.

Je me sens utile à ce poste, ça lui donne du sens d'être tourné vers l'extérieur. Contribuer à assurer la sécurité des personnes et des biens est la mission première de Météo-France. Tout ce que nous construisons avec les partenaires institutionnels a pour vocation l'intérêt général. C'est aussi l'aboutissement de toute la chaîne d'activités de l'établissement : recherche, observation, prévision, connaissance du climat passé et anticipation des climats futurs. Dans le passé, j'ai moi-même occupé diverses fonctions opérationnelles au sein de Météo-France, en prévision, en informatique. Ces expériences me servent énormément aujourd'hui pour accompagner justement les services de l'État. En fait, pour exercer ce métier, la principale qualité nécessaire est de savoir être à l'écoute, de l'interne comme des partenaires institutionnels.

Bien sûr, il peut aussi y avoir une certaine dose de stress à gérer, notamment lorsque j'interviens auprès du ministère de l'Intérieur en cas de crises météorologiques ou météo-sensibles. Mais je sais qu'il y a le travail technique de toute une chaîne opérationnelle derrière moi qui œuvre intensément et sous pression. On n'est jamais seuls.»
 

Marie Dumont, 35 ans, chercheuse au CNRM


« Ma mission est de faire progresser nos connaissances sur l'évolution du manteau neigeux à la fois en termes d'observation et de modélisation afin de mieux comprendre son évolution passée et son évolution à court, moyen et long terme.
Cela combine pas mal de choses, du travail sur le terrain en montagne, même s'il y en a malheureusement de moins en moins, du travail derrière un ordinateur à partir d'images satellites ou de modèles avec du développement de code. Et puis aussi un peu de travail en laboratoire. On va étudier la neige à très haute résolution en chambre froide.
J'espère que mon travail est utile. En tous cas, il a un sens particulier pour moi parce que j'ai toujours été passionnée par la neige et la montagne. C'est un milieu dans lequel je me sens bien, qui me fascine. Je suis contente d'étudier et de voir la neige tous les jours.
La neige et la montagne sont mes passions mais la physique aussi, comprendre ça me passionne, et faire des équations également. Je suis quelqu'un de passionné de toute façon. On peut aussi dire que je fais beaucoup de choses, je suis énergique, ça c'est sûr.
J'aime beaucoup de choses dans mon travail. J'aime surtout partager tout ça avec des gens. J'aime travailler en équipe, apprendre de personnes qui connaissent des choses bien mieux que moi. Mais aussi apprendre des choses à mes étudiants, tout ça dans une bonne ambiance souvent. Je crois que c'est ce que je préfère. Après, j'apprécie beaucoup moins la « réunionite aiguë ».
 

Élodie Le Jaffotec, 39 ans, adjointe au chef de division Internet, extranets, mobiles



« A la DSI (Direction des systèmes d'informations), j'encadre des équipes de développement : celle en charge des sites Web pour les professionnels et, depuis quelques semaines, celle qui développe les applications mobiles. Je coordonne les mises en production de sites Web avec des équipes à distance. J'interviendrai aussi sur la partie technique du prochain site Internet.

Depuis que je travaille à Météo-France, j'ai principalement occupé des postes informatiques. J'étais très impliquée sur les aspects techniques et mon poste évolue maintenant davantage sur l'encadrement et la gestion de projet. J'espère malgré tout réussir à garder une bonne expertise sur l'ensemble de ces sujets notamment parce que ça me permet d'être plus efficace dans la gestion opérationnelle mais aussi parce que j'aime participer à la conception et aux choix techniques, parce que je veux pouvoir aider les développeurs si besoin.

J'aime beaucoup travailler en équipe. Je consacre un certain temps à mettre en place des outils et des méthodes qui peuvent faciliter les échanges. Quand ça se concrétise, quand il y a de l'entraide, de la confiance, du partage, c'est très motivant ».
 

Françoise Ruiz, 54 ans, directrice des Systèmes d'observation



« Je suis directrice de la Direction des Systèmes d'observation. Cette direction met en œuvre la première mission de l'établissement : surveiller l'atmosphère, l'océan superficiel et le manteau neigeux. L'observation du temps qu'il fait, est la base de toutes les autres activités météorologiques : prévoir le temps, connaître le climat passé, mesurer le changement climatique, créer des services à valeurs ajoutées.

Mon métier, ce n'est pas une vocation. Toute petite, je ne faisais pas des relevés météo dans mon jardin, contrairement à certains de mes collègues. Ce n'est peut-être pas une passion, mais ce n'est pas un « boulot ». Pour moi, comme pour beaucoup d'agents, travailler à Météo-France représente une fierté et une responsabilité vis-à-vis de la sécurité de la population française.

Et puis, ce qui me motive depuis 1984 à mon arrivée à Météo-France, c'est de travailler en équipe. J'apprécie aussi le caractère opérationnel et la composante technique de mon métier.

Quand je regarde en arrière, je trouve que l'établissement s'est profondément remis en question et adapté. Les métiers ont changé. Quand on se compare à nos homologues au niveau mondial, dans le domaine que je connais, c'est-à-dire l'observation, on n'a vraiment pas à rougir. On est à la pointe dans la mise en œuvre des nouvelles technologies et précurseurs dans beaucoup de domaine.

Le lien avec le citoyen et la valeur ajoutée de Météo-France représente toujours quelque chose, j'en suis convaincue. Je suis optimiste et dynamique. Ce qui existe encore à Météo-France, et il faut absolument le préserver, c'est ce sentiment de fierté qu'ont les agents. Pour moi, quelles que soient les difficultés, ils ont encore envie d'avancer ».

Actualité par Météo-France