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Nouveau record pour les concentrations atmosphériques de CO2 dans l'hémisphère Nord

27/05/2014

En avril 2014, les concentrations mensuelles de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère ont dépassé pour la première fois 400 ppm*dans tout l'hémisphère Nord. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé lundi 26 mai 2014 que toutes les stations de surveillance de l'hémisphère Nord appartenant au  réseau de la Veille de l'atmosphère globale, avaient enregistré des concentrations record de CO2 dans l'atmosphère durant le pic saisonnier, au début du printemps.

Dans son dernier bulletin annuel sur les gaz à effet de serre, paru en novembre 2013, l'OMM indiquait que la teneur globale de l'atmosphère en CO2 avait atteint, en 2012, une valeur de 393,1 ppm, soit 1,4 fois la teneur en CO2 atmosphérique de l'époque préindustrielle. Depuis 2012, des concentrations en CO2 supérieures à 400 ppm avaient été relevées dans les régions proches de l'Arctique. Cette tendance s'est désormais généralisée à des latitudes plus faibles, par exemple jusqu'aux îles du Cap vert ou à Hawaii. Le seuil des 400 ppm devrait être franchi en moyenne annuelle, et à l'échelle du globe,  en 2015 ou 2016.


Un effet particulièrement marqué dans l'hémisphère Nord

L'hémisphère nord, plus peuplé et plus continental que l'hémisphère sud, compte plus de sources de CO2 liées aux activités humaines. Le cycle saisonnier du dioxyde de carbone est aussi régi par la biosphère. Le minimum saisonnier est observé en été, lorsque l'absorption du CO2 par la végétation est considérable, et le pic constaté en hiver et au printemps est dû à l'absence d'absorption par la biosphère et à la multiplication des sources qui sont à l'origine de la décomposition de la matière organique ainsi que des émissions anthropiques. C'est donc dans les régions les plus septentrionales que le cycle saisonnier est le plus prononcé.


Des conséquences sur le climat mondial

Le fait que ce seuil ait été franchi démontre une fois de plus que l'exploitation de combustibles fossiles est responsable, avec d'autres activités humaines, de l'augmentation continue des concentrations de gaz à effet de serre qui réchauffent notre planète.

Le CO2 persiste dans l'atmosphère pendant des centaines d'années, et sa durée de vie dans les océans est encore plus longue. C'est le principal gaz à effet de serre rejeté par les activités humaines: il a contribué à l'augmentation du forçage radiatif – qui induit un réchauffement du système climatique – à hauteur de 85% sur la décennie 2002-2012.

* : parties par million

Carte de fractions molaires du CO2 - Mars avril 2014 - © Veille de l'atmosphére globale

Fractions molaires du CO2, en ppm relevées aux stations mondiales de la VAG (en mars 2014; en avril 2014) © OMM

 

 

Actualité par Météo-France