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Enneigement en montagne au 2 mai 2018

04/05/2018

Des conditions printanières s'étaient enfin établies sur l'ensemble des massifs à partir de mi-avril. À cette époque, la neige, si elle avait déjà disparu dans les massifs de moyenne montagne, était au contraire encore présente en très grande abondance dans les autres massifs, au sortir d'un hiver à l'enneigement exceptionnel. Le manteau neigeux a alors entamé sa transformation printanière, y compris dans les versants ensoleillés de haute montagne, avec une humidification en profondeur et une fonte régulière et importante. En conséquence, les limites d'enneigement sont remontées, mais elles restent basses pour la saison, et les épaisseurs de neige encore présentes au-dessus, même si elles se sont très nettement réduites, restent particulièrement importantes pour cette époque de l'année.
Le retour à un temps plus frais depuis le 29 ou 30 avril, souvent accompagné de chutes de neige en altitude, notamment dans les Pyrénées, a interrompu la fonte printanière.
 
Le col de la Chapelle (2943 m) et, tout à gauche, la pointe des Angelières (3093 m), dans le massif du Thabor (Hautes-Alpes), le 30 avril 2018.  © Cécile Coléou 
 

Point enneigement par massif montagneux

Alpes du Nord

Un temps quasi estival a régné durant la deuxième quinzaine d'avril, réduisant de façon importante le manteau neigeux et l'humidifiant en profondeur, y compris jusqu'à haute altitude dans les versants bien ensoleillés. Malgré cela, l'enneigement reste très important au-dessus de 1700 m environ, se situant bien au-dessus des normales pour cette époque de l'année.
Depuis le 30 avril, la fonte est interrompue par des températures nettement plus fraîches et une couverture nuageuse souvent importante, avec parfois de petites chutes de neige.
La limite de l'enneigement en versant nord se situe le plus souvent entre 1300 et 1500 m, mais entre 1600 et 1800 m dans les massifs de la moitié sud de l'Isère ; en versant sud, cette limite se situe 300 à 400 m plus haut.
Comme cela a été le cas durant toute la saison, les épaisseurs de neige augmentent très fortement avec l'altitude :
à 1800 m, il y a le plus généralement 1 m de neige en versant nord, moins dans la moitié sud de l'Isère, et entre 0 et 30 cm en versant sud, jusqu'à 60 cm dans le massif du Beaufortain.
À 2000 m, les épaisseurs de neige sont toujours très importantes, avec, en versant nord, le plus souvent entre 1,50 m et 2 m de neige, un peu moins, environ 1,20 m, dans les massifs de la Vanoise et du Vercors ; en versant sud, il y a entre 60 cm et 1 m de neige, sauf dans la moitié sud de l'Isère, où il reste au mieux 10 à 20 cm de neige.
À 2500 m, les quantités de neige qui se sont accumulées depuis l'automne restent remarquables : dans toute la partie nord-ouest des Alpes du Nord, il y a encore 3 m à 3,50 m de neige en versant nord et autour de 2 m en versant sud ; ailleurs, 2,20 m à 2,90 m en versant nord, 1,40 m à 2 m en versant sud.
Petit lac vers 1900 m d'altitude dans le massif de Belledonne, près de Chamrousse (Isère), le 29 avril 2018.  © François Tuzet 
 
Enneigement de l'hiver 2017-2018 à La Plagne, en Savoie (courbe rouge). Un enneigement exceptionnel, qui a flirté avec les records tout au long de la saison. Il faut remonter à l'hiver 1979-1980 pour retrouver un enneigement aussi abondant durant tout l'hiver. © Météo-France
 

Alpes du Sud

Comme dans les Alpes du Nord, l'enneigement reste très au-dessus des valeurs de saison, même si les quantités y sont moins remarquables en valeur absolue.
Les limites d'enneigement sont également remontées, vers 1600 ou 1700 m en versant nord, 1900 m en versant sud.
À 2000 m en versant nord, l'épaisseur de neige se situe le plus souvent entre 1 m et 1,30 m, un peu moins, 80 cm, dans le Queyras ; en versant sud, elle est comprise entre 30 cm et 40 cm dans les massifs situés dans la partie nord-ouest des Hautes-Alpes, entre 10 et 20 cm ailleurs.
À 2500 m, les épaisseurs de neige sont encore importantes : en versant nord, entre 2,20 m et 2,50 m dans la plupart des massifs, entre 1,80 m et 2 m dans l'Embrunais-Parpaillon et le Queyras ; en versant sud, le plus souvent entre 1,50 m et 1,80 m, 1,10 m ou 1,20 m dans l'Embrunais-Parpaillon et le Queyras.
La combe de l'Aiguille Noire et, au fond, l'aiguille Noire (2869 m), dans le massif du Thabor (Hautes-Alpes), le 1er mai 2018, photo prise vers 1900 m d'altitude.  © Cécile Coléou
 
Enneigement de l'hiver 2017-2018 (courbe rouge) à Ceillac (massif du Queyras, Hautes-Alpes). Un enneigement remarquable du début à la fin de la saison, avant une fonte très rapide à partir de fin mars. © Météo-France 

Corse

La fonte printanière est maintenant bien établie et le manteau neigeux est humidifié en profondeur. La neige, si elle a disparu en dessous de 1800 m en versant nord et 2000 m en versant sud, est encore présente en abondance en altitude : environ 2 m à 2000 m en versant nord, 1,30 m en versant sud. Plus haut, les épaisseurs sont remarquables, avec, dans le massif du Cinto-Rotondo, encore 4,30 m de neige à 2500 m en versant nord, 3,90 m en versant sud.
À la station automatique de la Maniccia (Cinto-Rotondo, 2360 m), la hauteur totale de neige mesurée ce 2 mai est de 2,55 m, en excédent de 40 % par rapport à la valeur moyenne pour un début mai, qui est de 1,80 m.
 

Pyrénées

Le temps printanier qui a régné durant la deuxième quinzaine d'avril dans les Pyrénées a bien amorcé la fonte printanière du manteau neigeux, qui avait conservé jusqu'alors un caractère très hivernal : épais et présent jusqu'à basse altitude. Désormais, en ce début mai, il est très printanier : la limite d'enneigement est remontée en altitude, la neige est devenue beaucoup plus dense, humide et beaucoup d'avalanches de fonte se sont produites dans les pentes raides aux heures les plus chaudes. Mais un retour des chutes de neige durant le week-end du 1er mai a reblanchi la montagne à partir de 1000 m d'altitude.
Le véritable manteau neigeux débute cependant vers 1700 m dans les versants nord et à près de 2000 m dans les versants bien ensoleillés.
Les hauteurs de neige restent toutefois importantes au-dessus de ces altitudes, nettement supérieures aux valeurs de saison.
À 1800 m, par exemple, 10 à 40 cm de neige persistent dans les versants nord, alors qu'en règle générale, la neige y a disparu fin avril.
À plus haute altitude, l'abondance de neige est davantage marquée : au Port d'Aula en Ariège et au Pic d'Anie dans les Pyrénées-Atlantiques, à 2150 m d'altitude, les hauteurs de neige dépassent encore 2 m, alors qu'en moyenne, elles se situent autour de 1,40 m aux premiers jours de mai. Cet excédent de neige de plus de 60 cm à cette époque de l'année se retrouve également dans le massif du Canigou, où il y a ce 2 mai 1,15 m de neige aux Cortalets (2150 m), pour 50 cm en moyenne.
À plus haute altitude encore, au lac d'Ardiden à 2450 m d'altitude dans les Hautes-Pyrénées, la hauteur de neige actuelle de près de 2,80 m révèle un excédent de 75 cm par rapport à la moyenne.
Le mois de mai, qui est le mois du maximum de fonte, débute donc cette année avec un manteau neigeux nettement excédentaire, ce qui pourrait décaler la fonte du manteau neigeux de 10 à 15 jours.
Le pic de Néouvielle (3091 m), dominant le vallon d'Aygues Cluses (Hautes-Pyrénées), le 1er mai 2018. © Dominique Vrécourt 
 
 
Enneigement de l'hiver 2017-2018 dans les Pyrénées (courbes en rouge). Il est devenu excellent au fil du temps sur l'ensemble de la chaîne : à gauche, à Piau-Engaly, dans les Hautes-Pyrénées ; à droite, aux Angles, dans les Pyrénées-Orientales. © Météo-France
Cliquer sur les graphiques pour les agrandir
 

Vosges, Jura et Massif central

Dans les Vosges et le Jura, il ne reste plus de neige.
Dans le Massif central, le temps frais et arrosé les 29 et 30 avril a saupoudré de neige les pentes au-dessus de 1500 m d'altitude environ. Par ailleurs, il subsiste de la neige de l'hiver, en épaisseur encore substantielle, dans de vastes zones au-dessus de 1600/1700 m.
 
Le manteau neigeux en montagne peut évoluer rapidement en fonction des conditions météorologiques.
 
Cette évolution ainsi que les risques d'avalanche associés peuvent être suivis sur notre site Internet, rubrique « Montagne », ainsi que sur les applications mobiles de Météo-France.

 

 

Actualité par Météo-France