Imprimer Envoyer á un ami

Vague de froid intense sur le nord-est du continent américain

28/12/2017

Après un automne exceptionnellement doux et un début d'hiver où le froid s'est fait attendre, une masse d'air arctique a envahi depuis quelques jours le nord-est du continent américain, en lien avec un décrochement d'une partie du vortex polaire (en américain, on parle d'«arctic blast»). Les températures ont ainsi plongé à des niveaux très bas ces derniers jours du Québec à l'extrême nord-est des États-Unis. Cette baisse du mercure se poursuivra avant la fin de l'année sur la côte et cette vague de froid devrait se prolonger jusqu'en début d'année 2018, celle-ci s'annonçant alors remarquable par sa durée.

Hauteurs de neige prévues à 10 jours (cm) par le modèle du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, développé en partenariat avec Météo-France
(Cliquer sur la carte pour l'agrandir)

Froid et neige se sont installés

Déjà bien installé plus au nord et à l'ouest, des États canadiens du Manitoba et de l'est de l'Ontario au nord des grandes plaines américaines, l'air froid polaire a envahi successivement les états proches des Grands Lacs, le sud du Québec et de l'Ontario ainsi que les états de l'extrême nord-est américain entre le 24 et le 26 décembre. La neige a également été au rendez-vous, y tombant en quantité jusqu'aux rivages des états du Massachusetts ou du Maine. Des chutes de neige plus abondantes encore se sont produites par « effet lac » autour des Grands Lacs, avec des épaisseurs de neige variables en fonction de l'exposition aux vents. Sur les rives est du Lac Erié notamment, des hauteurs de neige exceptionnelles ont été observées : à Érié très précisément, un cumul historique d'1,65 m a été relevé entre le 24 et le 26 décembre*. Moins exposée, la ville de Détroit est recouverte par une couche de neige d'une dizaine de centimètres seulement. Le manteau neigeux s'est également épaissi à Québec (environ 50 cm), il est proche d'une quinzaine de centimètres sur Toronto et Montréal et atteint environ 25 cm le long des côtes du Maine.
Après la valeur extrême de -37,6 °C observée hier mercredi 27 au matin à International Falls dans le Minesota (valeur la plus basse jamais relevée pour un mois de décembre depuis 1996 ), la chute des températures s'est encore amplifiée ce matin du « Mid-West » à la côte est. Les températures ont également plongé à des niveaux largement inférieurs à -20 °C le long du fleuve Saint-Laurent et autour de cette valeur dans la région des Grands Lacs. Ainsi, à Montréal, la température minimale s'est abaissée à -26 °C, mais avec le vent le refroidissement éolien était de -38 °C ! Il faisait par ailleurs -15 °C à Boston et -10 °C à New-York.

Températures observées en fin de nuit le 28 décembre 2017
Températures observées en fin de nuit le 28 décembre 2017 - © weatherobs.com
(Cliquer sur la carte pour l'agrandir)

Une vague de froid sévère et durable

Cette vague de froid devrait se prolonger, à la faveur d'une situation de blocage en haute atmosphère caractérisée par le maintien de conditions anticycloniques sur le nord-ouest du continent et dépressionnaires sur l'extrême nord-est. Ainsi les températures pourraient rester continûment en-deçà des -15 °C d'ici le 2 voire 3 janvier sur le sud du Québec, ce qui ne s'est pas produit depuis 1996 à Montréal par exemple**. Il est à noter que le contraste thermique sera par ailleurs remarquable avec une large partie ouest des Etats-Unis où les températures ces cinq prochains jours se situeront généralement de 4 à 8 degrés au-dessus des normales.

Anomalies de température à 2m prévues à 7 jours
Anomalies de température à 2 m prévues par le modèle GFS et rapportées à la normale de référence 1981-2010 - © Karsten Haustein
(Cliquer sur la carte pour l'agrandir)

En dépit de ces fortes anomalies négatives de température sur le continent nord-américain ces prochains jours, la quasi totalité du reste de l'Hémisphère Nord devrait connaître des températures bien douces par rapport à la normale.

Anomalies de température moyenne par rapport à la période 1981-2010 sur le globe le 29 décembre 2017
(Cliquer sur le graphe pour l'agrandir)

 

* Un cumul record mensuel a également d'ores et déjà été enregistré avec un cumul proche de 2,50 m.

** à Montréal, les périodes les plus récentes durant lesquelles le thermomètre n'a pas franchi le seuil de -15°C sont de 6 jours consécutifs en janvier 1996 et 10 jours consécutifs en février 1979.

Actualité par Météo-France