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Arctique : bilan de la saison hivernale

07/04/2014

Dans l'Arctique, la saison hivernale a atteint son pic avec le maximum annuel d'extension de la banquise. Le jour a repris l'avantage sur la nuit aux très hautes latitudes, et l'énergie solaire est maintenant suffisamment importante pour enclencher le phénomène de fonte, après la progression des 6 derniers mois. Retour sur cette saison hivernale.

Extension maximale de la banquise arctique, observée le 21/03/2014  - En jaune, son extension maximale moyenne sur la période1981-2010 © NSIDC

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Cette année, selon les données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC), la banquise arctique a atteint le 21 mars une extension maximale de 14,91 millions de km2, soit un déficit de 4% par rapport à la moyenne 1981-2010 de 15,5 millions de km2. On calcule l'extension de la banquise en mesurant la superficie de l'océan sur laquelle il y a au moins 15% de glace de mer.

Cette valeur constitue la 5e valeur la plus basse depuis 1978, date des premières observations satellitaires complètes sur les zones polaires. Elle est conforme au déclin observé ces dernières décennies, de l'ordre de 2,6% par décennie (par rapport à la moyenne 1981-2010).

Ce maximum a été atteint relativement tard dans la saison, la date moyenne du maximum étant le 9 mars.  Cette progression un peu plus tardive de la banquise est liée à la présence de pressions inhabituellement basses du nord de l'Atlantique à l'est de l'Arctique. Elles ont généré des vents qui ont poussé la glace de mer sur la mer de Barents, particulièrement peu pourvue en glace jusque là. De même, les vents de nord-est ont favorisé la progression des glaces dans la mer de Béring.

La glace pluriannuelle, c'est-à-dire qui a résisté à au moins une débâcle estivale (2 ans d'âge minimum), a progressé par rapport à l'année dernière. Elle représente ainsi 3,17 millions de km2, contre 2,25 millions l'an passé. Elle avait particulièrement bien résisté à l'été 2013, mais rien ne dit qu'il en sera de même cet été.  En effet, une vaste étendue de cette glace plus ancienne a dérivé vers le nord de l'Alaska et de la Sibérie, zones où les températures sont plus chaudes.

La glace ancienne (au moins 5 ans d'âge) plafonne toujours et ne représente que 7% de la superficie totale.

La période de débâcle débute actuellement. Sur les dernières années, le minimum estival a connu une diminution plus marquée que celle du maximum hivernal. C'est en 2012 qu'on a observé le minimum estival le plus bas, après une fonte éclair en été et alors qu'on se trouvait en avril à peu près dans la moyenne 1981-2010.

De son côté, la banquise antarctique a atteint son minimum annuel le 23 février, à l'issue de l'été austral. C'est le 4e minimum estival le plus élevé depuis 1978, ce qui confirme la tendance à la hausse de la banquise australe, bien qu'elle connaisse une forte variabilité inter-annuelle.

 

 

Actualité par Météo-France