Imprimer Envoyer á un ami

Contraste thermique sur l'Europe

15/09/2017

Après un été (juin-juillet-août) météorologique globalement chaud sur la France (et notamment le retour de la chaleur en troisième décade d'août après une séquence fraîche en milieu de mois), septembre a vu le retour de conditions automnales sur l'ouest du continent européen. En cause,  l'influence grandissante des dépressions de l'Atlantique nord dirigeant des courants océaniques d'ouest à nord-ouest de plus en plus frais. Cette configuration est bien visible sur la répartition du champ de pression sur l'Europe depuis le début du mois avec un minimum dépressionnaire apparaissant entre l'Écosse et l'Islande :
 
Carte Nord Atlantique de la moyenne de la pression au niveau de la mer entre le 1er et le 14 septembre 2017
Carte Nord Atlantique de la moyenne de la pression au niveau de la mer entre le 1er et le 14 septembre 2017 © Météo-France
(Cliquer sur l'illustration pour l'agrandir)
 
Ces dépressions à répétition ont apporté de la fraîcheur, qu'une nébulosité  abondante et des précipitations plutôt excédentaires ont contribué à accentuer. La neige a fait son apparition sur les Alpes et les Pyrénées au-dessus de 1 500 à  2000 mètres et les plus hauts sommets jurassiens ont même temporairement blanchi. Au même moment, l'Europe de l'Est, des Balkans à l'ouest de la Russie, connaît une belle arrière-saison. Moscou a connu ainsi une journée de chaleur tardive le 12 septembre avec une température maximale de 26,1 °C (la moyenne en septembre est de 16 °C). Ce contraste de masse d'air apparaît sur les anomalies de température à 850 hectopascals (vers 1 500 mètres d'altitude) :

Carte Nord Atlantique de l'anomalie normalisée de température à 850 hectopascals entre le 1er et le 14 septembre 2017
Carte Nord Atlantique de l'anomalie normalisée de température à 850 hectopascals entre le 1er et le 14 septembre 2017. © Météo-France
(Cliquer sur l'illustration pour l'agrandir)
 

Une ambiance humide et fraîche sur la France

Des perturbations océaniques fréquentes (parfois très pluvieuses comme pendant l'épisode pluvieux des 13 et 14 septembre), entrecoupées de ciels de traîne actifs (accompagnés d'averses) ont limité l'ensoleillement sur le pays avec un déficit par rapport aux normales* atteignant localement 50 % depuis le 1er septembre entre la Normandie et le Limousin. À l'inverse, les régions méditerranéennes, protégées par les montagnes de l'humidité océanique, ont connu un ensoleillement plus généreux que d'habitude, notamment la Côte d'Azur. Le soleil a ainsi brillé quatre fois plus longuement à Nice ou Cannes qu'à Rouen. 
 
Anomalie de la durée d'ensoleillement sur la France du 1er au 14 septembre 2017
 Anomalie de la durée d'ensoleillement du 1er au 14 septembre 2017. © Météo-France
(Cliquer sur l'illustration pour l'agrandir)
 
La Côte d'Azur a aussi profité de quelques pics de chaleur tardifs : Nice a dépassé deux fois le seuil de  forte chaleur** en septembre 2017, seuil qui n'a été dépassé que 24 fois en septembre sur 73 ans (1945/2017), soit en moyenne 0,3 jour par an.
 
*Normales calculées sur la période 1991-2010.
**Forte chaleur = température maximale supérieure ou égale à 30 °C.

Actualité par Météo-France