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Douceur nocturne record

19/07/2017

(Mise à jour le 20 juillet 2017)
 

À l'avant d'une dégradation orageuse qui a circulé mercredi 19, la nuit de mardi à mercredi a été exceptionnellement chaude dans le Bassin parisien. De nombreux records mensuels, mais aussi absolus, de températures minimales élevées ont été battus, particulièrement dans les zones peu exposées aux effets d'îlot de chaleur. Les températures minimales ont souvent dépassé en campagne et zones peu denses celles de la canicule historique de 2003, malgré une masse d'air nettement moins chaude. Pourquoi ?
 

Une nuit extrêmement douce entre mardi et mercredi

On a ainsi relevé, au plus frais de la nuit, 23,5 °C à la station d'Orly (ouverte en 1921), égalant le record absolu de minimales élevées du 10 août 2003. On a relevé 21,5 °C à Melun (ouverte en 1947), égalant le record absolu du 6 juillet 1952. On a aussi mesuré 23,2 °C à Orléans et
22,7 °C à la Brosse-Monceaux, valeurs dépassant les records absolus de minimales élevées.

Au fil de la journée, avec un refroidissement progressif de la masse d'air sous les ondées orageuses, les températures sont ponctuellement repassées sous ses seuils par endroits, mais pas à Orléans ni à La Brosse-Monceaux.
 

Températures minimales observées en matinée le mercredi 19 juillet 2017 sur l'Île-de-France et le Centre
Températures minimales observées en matinée le mercredi 19 juillet 2017 sur l'Île-de-France et le Centre. © Météo-France

Pourquoi une telle douceur nocturne ?

Comment s'explique cette douceur nocturne exceptionnelle alors que la masse d'air, très chaude, n'atteignait cependant pas des valeurs records ?

La nuit a été nuageuse, ce qui a limité le rayonnement nocturne, et le brassage de l'air dans les basses couches de l'atmosphère était important, à cause du vent qui s'est établi à l'avant des remontées orageuses du sud-ouest.

Cette combinaison de brassage et de "couvercle" nuageux a eu pour effet d'homogénéiser fortement les températures entre le sol parisien, le sommet de la Tour Eiffel (300 m) et l'agglomération. On a relevé 24,4 °C à la Tour Eiffel, 23,1 °C à Paris-Montsouris où le record de douceur nocturne n'a pas été approché, la situation étant peu propice à l'effet d'îlot de chaleur urbain, et 23,5 °C à Orly, des écarts très faibles.
Cette situation est différente de celle qui avait été observée lors de la canicule 2003.
La masse d'air était alors exceptionnellement chaude et les conditions anticycloniques propices à un fort rayonnement nocturne et à un net refroidissement au niveau du sol, en l'absence de brassage par le vent, des conditions optimales pour un fort effet d'îlot de chaleur urbain. On avait ainsi relevé le 12 août 2003, les valeurs records de 28,6 °C au sommet de la Tour Eiffel, 25,5 °C à Paris-Montsouris, avec un effet d'îlot de chaleur urbain, alors qu'on ne mesurait que 21,9 °C à Orly et 16,2 °C sur les sols sablonneux de Fontainebleau. Dans des zones peu sensibles aux effets urbains, les situations de canicule ne sont donc pas toujours à l'origine des températures minimales les plus élevées.
 
Températures relevées à 7h locales le mercredi 19 juillet 2017 (à gauche) vs. températures relevées à 7h locales le 12 août 2003 (à droite). 
(Cliquer sur les cartes pour les agrandir)

 

 

Actualité par Météo-France