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Enneigement en montagne au 12 avril 2017

13/04/2017

Le printemps s'est installé en montagne autour du 9 mars, soleil et grande douceur dominent largement depuis. Le manteau neigeux, qui était souvent excédentaire à la sortie de l'hiver, s'est donc beaucoup amoindri.
C'est le cas dans les Alpes et les Pyrénées, où la neige a disparu à moyenne altitude et présente le plus souvent des hauteurs inférieures à la moyenne au-dessus.
En Corse, l'enneigement est encore relativement abondant pour cette époque de l'année, mais seulement aux altitudes élevées.
Dans les massifs de moyenne montagne, la neige ne subsiste que sous forme de plaques, plus ou moins étendues, dans les pentes des plus hauts sommets.
Elle a le plus souvent des caractéristiques printanières : dure et regelée le matin, molle et humide l'après-midi. Il subsiste néanmoins de la neige froide plus hivernale dans les pentes nord de haute altitude des grands massifs.
 
Pour s'informer sur les risques d'avalanche dans les Alpes, les Pyrénées et la Corse, des bulletins Neige et Avalanche sont disponibles quotidiennement sur notre site Internet, rubrique montagne, ainsi que sur les applications mobile de Météo-France (dont Météo Ski).

Alpes du Nord

Avec la poursuite des conditions printanières qui se sont installées il y a maintenant plus d'un mois, la fonte du manteau neigeux continue. La neige a déjà disparu en moyenne montagne, avec environ un mois d'avance. Plus haut, dans la tranche d'altitude 1600-2200 m environ, l'enneigement présente le plus généralement un déficit marqué, entre -25 et -60 % selon les massifs. La fréquence d'un tel déficit est, selon les massifs, le plus souvent comprise entre environ une année sur 4 et une année sur 10. Mais il est parfois nettement plus rare, notamment en Vanoise. À haute altitude, à partir de 2300 m environ, les deux derniers épisodes neigeux (22-25 mars et 1er-2 avril) ont généralement permis de ralentir l'érosion du manteau neigeux, et le déficit est moins accentué ; en Haute-Maurienne, où il a le plus neigé, les hauteurs de neige avaient même continué à progresser et elles restent supérieures aux normales (jusqu'à +40 % tout près de la frontière avec l'Italie).
L'enneigement continu débute en versant nord vers 1600 m en Haute-Savoie, 1700 ou 1800 m ailleurs. En versant sud, il débute vers 2100 m ou 2200 m dans les Savoies, plus haut, 2300 à 2500 m en Isère.
À 2000 m en versant nord, l'épaisseur de neige se situe souvent entre 40 cm et 70 cm, un peu plus, 90 cm à 1 m dans le Beaufortain et en Haute-Tarentaise, atteignant 1,40 m en Haute-Maurienne. En versant sud, il ne reste plus de neige nulle part.
À 2500 m, le manteau neigeux est plus épais, mais il est réparti irrégulièrement à cause des vents qui ont souvent soufflé violemment durant l'hiver. Selon les massifs, on trouve généralement, en versant nord dans les endroits peu ventés, entre 1,50 m et 2 m de neige, un peu moins, 1,20 m, en Vanoise, un peu plus, 2,50 m, en Haute-Maurienne ; en versant sud, il y a le plus souvent 50 à 60 cm de neige, un peu moins, 40 cm, en Oisans, et au contraire nettement plus, 1,50 m, en Haute-Maurienne .
 
Le massif de Belledonne (Isère), avec, de gauche à droite, les pointes de Jasse Bralard
(2525 m ) et le Grand Sorbier (2526 m), le 12 avril 2017. © Météo-France - Daniel Goetz

Alpes du Sud

Elles n'échappent pas aux conditions printanières qui règnent sur la France depuis
5 semaines. L'enneigement a en conséquence diminué de façon notable. À moyenne altitude, avec une avance d'environ un mois, la neige n'est plus présente. Plus haut, dans la tranche d'altitude 1900-2200 m environ, les hauteurs de neige se situent désormais nettement en dessous des normales, avec un déficit important, généralement compris entre -40 % et -70 % ; cela correspond là aussi à une fonte printanière en avance d'environ un mois, un évènement qui se produit environ 1 année sur 6. Plus haut encore, à partir de 2300 m environ, les deux épisodes neigeux des 22-25 mars et 1er-2 avril ont apporté de la neige en quantités significatives et même très importantes dans une étroite bande le long de la frontière italienne. En conséquence, aux altitudes élevées, l'enneigement est moins déficitaire et même normal, voire un peu excédentaire, tout près de la frontière. 
La limite de l'enneigement se situe partout vers 1800 m en versant nord, entre 2200 et 2500 m en versant sud.
À 2000 m, l'épaisseur de neige en versant nord est de 60 cm ou 70 cm dans la partie nord-est des Hautes-Alpes (massifs du Thabor, du Pelvoux et du Queyras), de 40 ou 50 cm ailleurs, excepté dans le massif du Dévoluy, où elle est de l'ordre de 20 cm. En versant sud, il n'y a plus de neige.
À 2500 m, les épaisseurs de neige en versant nord restent confortables, généralement comprises entre 1,20 m et 1,70 m, un peu moins toutefois, 1 m dans le Dévoluy. En versant sud, elles sont le plus souvent comprises entre 40 cm et 60 cm, mais ne dépassent pas 30 cm dans l'Embrunais-Parpaillon et 15 cm dans le Dévoluy. 

Corse

Avec les conditions très printanières qui se sont installées là aussi depuis maintenant plus d'un mois, l'enneigement a nettement régressé. La neige a ainsi disparu dans les deux massifs corses en dessous de 1600 m à 1800 m, avec deux à trois semaines d'avance. Au-dessus, du fait d'un enneigement qui était jusqu'alors important, le manteau neigeux présente encore de bonnes épaisseurs.
Dans les deux massifs corses, l'enneigement continu débute vers 1600 m en versant nord, 1800 m en versant sud. Il augmente ensuite rapidement avec l'altitude, pour atteindre 1 m d'épaisseur en versant nord, 70 cm en versant sud. Aux plus hautes altitudes, vers 2500 m, son épaisseur atteint environ 2 m en versant nord, 1,80 m en versant sud.
Cette neige est de type printanier : durcie par le regel le matin, elle est ramollie par le soleil et la douceur en journée.
À la station automatique de la Maniccia (Cinto-Rotondo, 2350 m), on mesure une hauteur de neige au sol de 2,03 m, une valeur à peine inférieure à la moyenne de saison (2,30 m).

Pyrénées

Le mois d'avril a débuté avec une chute de neige importante, dont a surtout bénéficié la moitié ouest de la chaîne. Depuis, le temps printanier, ensoleillé et doux a fait disparaître ce supplément de neige tardif en dessous de 1600 m dans l'ouest de la chaîne pyrénéenne,
1700 m dans la partie centrale et 1800 m dans sa partie est.
Cette remontée en altitude de la limite d'enneigement est un peu précoce et, de ce fait, l'enneigement en dessous de 2000 m est aussi en dessous des moyennes.
Ainsi, à 1800 m, la hauteur de neige est de l'ordre de 25 cm dans l'ouest de la chaîne, alors qu'elle est habituellement plutôt de l'ordre de 80 cm ; dans la partie centrale, les hauteurs sont encore plus faibles, environ 10 cm à cette altitude.
Au-dessus, l'enneigement est meilleur, avec, en versant nord, 50 cm dans les massifs des Pyrénées-Orientales, 70 cm dans la partie centrale et environ 1 m dans la partie ouest de la chaîne.
Les hauteurs de neige actuelles à ces altitudes peinent cependant à atteindre les valeurs de saison : ainsi, les 1,23 m relevés à la station automatique du port d'Aula (ouest de l'Ariège, 2150 m) sont inférieurs aux 1,70 m habituels, tandis que les 2,18 m relevés à la station automatique du lac d'Ardiden (Hautes-Pyrénées, 2450 m) correspondent exactement à la moyenne. Seule exception, le Canigou qui trône à l'extrémité est de la chaîne et qui a bénéficié de chutes de neige assez fréquentes cet hiver ; il conserve sur ses hauteurs une épaisseur de neige supérieure à la moyenne : à la station automatique des Cortalets (2170 m), les 1,10 m relevés se situent au-dessus des 90 cm relevés habituellement.
Plus haut encore, vers 2500 m, l'épaisseur de neige au sol est importante, le plus souvent autour de 2 m en versant nord, 1 m en versant sud. Elle est toutefois un peu moindre dans les Pyrénées-Orientales, 1,15 m à 1,40 m en versant nord, 50 à 70 cm en versant sud.
 
Le cirque de Gavarnie (Hautes-Pyrénées), avec, de gauche à droite, le pic du Marboré
(3250 m) et les pics de la Cascade (3161 m), le 9 avril 2017. © Charles Castellazzo

Vosges, Jura et Massif central

L'enneigement naturel, qui a été globalement bien faible durant tout l'hiver, a maintenant disparu, à cause du printemps qui s'est installé précocement, depuis maintenant plus d'un mois.
 
Dans les Vosges, il n'y a plus de neige. Il subsiste seulement quelques plaques éparses dans les pentes nord des plus hauts sommets.
 
Dans le Jura, la neige a également pratiquement disparu.
Il en subsiste toutefois aux altitudes les plus élevées, dans les massifs forestiers bien abrités du soleil et du vent, comme le Risoux, le Massacre et les monts Jura. Mais les quantités sont modestes, 5 à 15 cm en général, localement jusqu'à 30 cm près des plus hauts sommets.
 
Dans le Massif central, l'enneigement n'est plus continu. Il subsiste toutefois, au-dessus de 1400 m d'altitude environ, de nombreuses plaques de neige, parfois épaisses, dans les endroits où elle a été accumulée par le vent.
 

Actualité par Météo-France