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Monde : l’hiver 2016-17 a été très chaud

17/03/2017

D'après l'institut Goddard pour les études spatiales de la NASA*, février 2017 est le deuxième mois de février le plus chaud à l'échelle du globe depuis le début des mesures en 1880, avec une anomalie de +1,10 °C. Il est devancé par février 2016 (+1,32 °C) et se positionne devant février 2015 (+0,89 °C).
 
Ce mois de février s'inscrit dans la continuité des deux mois précédents, de sorte que l'hiver boréal 2016-2017 (décembre 2016 à février 2017) est le deuxième hiver le plus chaud à l'échelle du globe avec une anomalie de +0,93 °C, derrière l'hiver 2015-2016 (+1,18 °C) et devant celui de 2014-2015 (+0,83 °C).
C'est dans l'hémisphère Nord, et en particulier dans les régions arctiques, que les écarts à la normale sont les plus remarquables. 

« Douceur » arctique

Au cours des 3 derniers mois, la majeure partie du globe a enregistré des températures de surface au-dessus des normales climatiques** mais c'est dans l'hémisphère Nord que l'excédent thermique a été le plus remarquable lors de la saison hivernale, notamment au-de là de 60° N où les anomalies atteignent par endroit plus de 6 °C. Seules deux zones ont présenté une anomalie froide tout au long de l'hiver : la première dans l'est du bassin méditerranéen et la seconde le long du 40e parallèle nord se prolongeant sur le sud de la Colombie Britannique (Canada) et les États de Washington et de l'Orégon.
 
Carte globale des anomalies de température pour l'hiver boréal 2016-2017 sur terre et sur mer, basées sur la période 1951-1980, index LOTI (Land Ocean Temperature Index). © NASA GISS
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Sur les régions arctiques, au-delà de 65° N, les anomalies moyennées*** sont souvent comprises entre +2 et +4 °C. Des variations infra-saisonnières ont pu se produire au cours de l'hiver, avec localement des périodes anormalement froides comme sur le centre de la Russie en décembre (-3 à -5 °C en-deça des normales) ou le nord-est du Groenland en janvier
(-3 °C). Certaines zones ont connu des températures supérieures aux normales tout au long de l'hiver comme le nord de la mer des Tchouktches (qui borde la pointe nord-est du continent asiatique et l'Alaska) et de la mer de Barents (au nord de la Norvège et de la Russie occidentale). Sur cette dernière comme sur la mer de Kara voisine, janvier 2017 a été particulièrement doux pour la saison avec des anomalies atteignant les +7 °C. Ces anomalies ont été plus modestes en février (de +4 à +5 °C).
 
Moyennes zonales des anomalies de température basées sur les index LOTI. On note une anomalie de température particulièrement élevée dans les régions septentrionales, au-delà de 65° N. © NASA GISS
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Record de faible extension de la banquise arctique

En lien avec les anomalies positives de températures observées sur les régions arctiques, tant sur mer que dans l'air, l'extension de la banquise arctique n'a jamais été aussi faible à la fin du mois de février. Selon les données du NSIDC (National Snow and Ice Data Center), exploitant les images satellitaires des 38 dernières années, la surface de la banquise atteignait
14,28 millions de km² fin février, soit 40 000 km² de moins que le précédent record datant de l'année passée et une anomalie de 1,18 millions de km² par rapport à la moyenne de la période 1981-2010. Selon toute vraisemblance, le maximum annuel d'extension, qui se produit en moyenne en mars, sera également le plus faible jamais enregistré depuis le début des relevés.
 
Extension de la banquise arctique en février au cours des dernières décennies.
© NSIDC (National Snow and Ice Data Center)
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* National Aeronautics and Space Administration.
** 1951-1980 est la période de référence utilisée par NASA/GISS. 
*** Moyenne réalisée le long d'un cercle de latitude
 

 

Actualité par Météo-France