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Emissions anthropiques de CO2 : une croissance au ralenti en 2014

10/12/2015

Alors que les négociations de la COP 21 se poursuivent à Paris pour aboutir à un accord mondial visant à limiter le réchauffement climatique, l'équipe de recherche internationale du Global Carbon Project a rendu public lundi 7 décembre ses données sur les émissions de CO2 et le cycle planétaire du carbone au cours de l'année 2014. Si la teneur en dioxyde de carbone de l'atmosphère a atteint un niveau record l'an dernier, le rythme annuel de hausse des émissions anthropiques a légèrement ralenti en 2014 par rapport à celui de la dernière décennie. Une première dans un contexte d'accélération de la croissance économique mondiale.

2014, une année charnière ?

En 2014, la teneur en dioxyde de carbone de l'atmosphère a atteint 400 ppm*, une valeur largement supérieure aux teneurs que la terre a connues depuis 800 000 ans. D'après les scientifiques du Global Carbon Project (GCP), la quantité totale de CO2 pouvant encore être émise sans provoquer une hausse de la température mondiale supérieure à 2 °C se situe dans une fourchette de 515 à 1115 milliards de tonnes de CO2. Cela représenterait une échéance de l'ordre de 15 à 30 ans d'émissions si les émissions anthropiques de CO2 devaient se maintenir à leur niveau actuel, ce qui pourrait cependant ne pas être le cas. Il semble en effet que 2014 ait été une année charnière en matière d'échanges de CO2 au sein du système climatique.

L'augmentation des émissions anthropiques de CO2 marque le pas

Le fait le plus marquant est sans doute la nette réduction du taux de croissance des émissions mondiales de CO2 liées aux activités humaines. En 2014, elles ont augmenté de 0,6% seulement, une valeur nettement inférieure à la hausse annuelle moyenne sur la période 2003-2014, estimée à 2,4%. Toutefois, à l'échelle du globe, les émissions humaines de CO2 dans l'atmosphère en 2014 restent considérables. Celles liées à la consommation de ressources fossiles et à la production de ciment s'élèvent à près de 36 milliards de tonnes ; celles imputables à l'utilisation des sols et à la déforestation sont estimées à 4 milliards de tonnes  mais restent très difficile à estimer en l'absence de mesures directes.

Une absorption accrue du CO2 par l'océan et la biosphère terrestre

L'année 2014 montre également un renforcement de l'absorption naturelle de CO2 par l'océan et la biosphère terrestre. Les chercheurs du GCP estiment que, après avoir diminué pendant les années 2000, l'absorption de carbone par les océans a retrouvé un niveau équivalent à celui des années 1990. L'absorption de dioxyde de carbone par la végétation continentale n'a jamais été aussi élevée depuis 60 ans. Ce renforcement « des puits de CO2 » que sont l'océan et la biosphère terrestre est expliqué par l'absence de phénomène El Niño sur le Pacifique équatorial en 2014 et par des changements de circulation atmosphérique au niveau de l'océan Austral. Par leur action, l'océan et la biosphère terrestre ont permis de soustraire respectivement 10,7 et 15 milliards de tonnes de CO2 de l'atmosphère en 2014.

Météo-France participe à la recherche internationale sur le cycle du carbone

Initiative internationale initiée en 2001, le Global Carbon Project vise à encourager la coopération mondiale dans le domaine de la recherche sur le cycle du carbone. Le projet associe près de 90 chercheurs issus de 68 instituts de recherche de 12 pays, dont plusieurs groupes de recherche français ** sur le climat. Les modélisations réalisées par les chercheurs de Météo-France contribuent à cette initiative en fournissant chaque année une estimation de l'évolution de l'absorption naturelle de carbone sur des périodes allant de l'année à la décennie.

* ppm : parties par million (400 ppm correspondent à 400 cm3 par m3 d'air)
** Météo-France, CEA, CNRS, Université Aix-Marseille, et Sorbonne Universités

À consulter

Le site du Global Carbon Atlas
Le site du Global Carbon Project
 

Actualité par Météo-France