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Premiers JO d’hiver à Chamonix en 1924 : quel temps faisait-il ?

24/01/2014

La prochaine édition des Jeux Olympiques d'hiver va débuter le 7 février à Sotchi. Il y a 90 ans, Chamonix accueillait la Semaine internationale des sports d'hiver, reconnue rétrospectivement comme les premiers Jeux Olympiques d'hiver. Du 25 janvier au 5 février 1924, 16 nations représentées par 258 athlètes se mesurèrent dans 16 épreuves. A cette époque déjà, les conditions météorologiques suscitaient de nombreuses interrogations, voire quelques inquiétudes.

Dans le cadre de sa mission de conservation de la "mémoire du climat", Météo-France s'est engagé dans un vaste programme de collecte et de préservation des documents anciens. Ils permettent de retracer les évolutions du climat depuis les débuts du service météorologique, grâce aux observations qu'ils recèlent. Quelques documents d'époque issus du fonds Météo-France conservé sur le site des Archives nationales de Fontainebleau, ainsi que des observations quotidiennes réalisées à Bonneville (en aval de Chamonix sur la vallée de l'Arve) permettent de retracer les conditions météorologiques à l'approche et durant ces premiers Jeux. Ils nous apprennent que la météo fut capricieuse.

Page d'un cahier d'observations réalisées à Chamonix en décembre 1923

Page d'un cahier d'observations réalisées à Chamonix en décembre 1923
(Document issu du fonds Météo-France basé aux Archives Nationales de Fontainebleau)
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Des conditions météorologiques capricieuses

Au début du mois de décembre 1923, le manque de neige est un élément préoccupant. Début décembre 1923, l'épaisseur au sol ne dépasse pas une dizaine de centimètres à Chamonix. Même s'il neige les 3 et 4 décembre, les jours suivants sont à nouveaux secs. Vers le 20 décembre, à cinq semaines de l'ouverture des Jeux, l'épaisseur de neige atteint difficilement  vingt-cinq centimètres.
Mais les deux semaines suivantes, un flux perturbé de nord à nord-ouest s'installe sur la France, apportant froid et neige abondante sur les Alpes. Les chutes sont exceptionnelles les 22 et 23 décembre avec plus d'un mètre au sol à Chamonix. Ce sont alors les quantités excessives de neige qui perturbent les derniers travaux et préparatifs. Des avalanches se produisent et des routes sont coupées. Le 27 décembre, l'épaisseur de neige dépasse 1,40 m. Des renforts sont appelés pour déblayer la neige, tâche qui durera près de trois semaines.

Dès le début du mois de janvier 1924, les conditions s'améliorent et un temps froid et sec domine durant deux semaines. Mais à la mi-janvier, une grande douceur remonte par le sud, accompagnée de pluie sur la France. Il pleut à Chamonix les 19 et 23 janvier. A quelques jours de l'ouverture des Jeux, la patinoire située à cette époque en plein air s'en trouve fortement dégradée. Heureusement, un anticyclone revient se placer sur la France le 25 janvier. Un temps froid, ensoleillé et sec s'installe alors sur les Alpes pour toute la durée des Jeux Olympiques : des conditions météorologiques idéales pour le bon déroulement de la manifestation.

 

Bulletin quotidien d'étude de l'office national météorologique de France

Carte de pointage du 29/01/1924
Bulletin quotidien d'étude de l'office national météorologique de France
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Météo-France à Chamonix

Chamonix accueille une implantation de Météo-France depuis 1974. Huit personnes travaillent dans ce centre. Au quotidien, elles collectent et analysent les données fournies par le réseau nivo-météorologique, puis élaborent et diffusent les bulletins de prévision du risque d'avalanche sur les massifs de Haute-Savoie. Elles sont parfois amenées également à apporter leur expertise en cas d'accident par avalanche. Enfin elles élaborent des prévisions météorologiques sur la région, en coordination avec le Centre interrégional de Lyon et le Centre national de la prévision de Toulouse.
Les climatologues de Météo-France disposent de mesures continues sur Chamonix depuis 1934. Aujourd'hui, en plus des 6 points d'observation et/ou de sondage du réseau nivo-météorologique et de 3 postes de suivi climatologique, Météo-France dispose de données sur le climat local grâce à 4 stations automatiques situées entre 1000 et 3800 mètres (la station la plus haute d'Europe) qui mesurent en continu la température, l'humidité sous abri, les précipitations et le vent.


 

Actualité par Météo-France