Imprimer Envoyer á un ami

Une saison cyclonique 2014 faiblement active en Atlantique Nord

10/02/2015

La saison cyclonique 2014 est officiellement terminée depuis le 30 novembre 2014. Au total neuf phénomènes cycloniques ont été observés sur le bassin Nord Atlantique. Huit d'entre eux ont atteint le stade de tempête tropicale et ont donc été baptisés. Parmi ces huit tempêtes tropicales, six sont devenues des ouragans, dont deux des ouragans majeurs*.
Dolly et Hanna, qui ont sévi dans le sud du Golfe du Mexique, sont restées au stade de tempête tropicale. Les six ouragans a avoir été baptisés sont : Arthur (catégorie 2 sur l'échelle de Saffir-Simpson*), Bertha, Cristobal et Fay (tous trois de catégorie 1), Edouard (ouragan majeur de catégorie 3) et enfin Gonzalo (ouragan majeur de catégorie 4).


 Carte des trajectoires saison cyclonique Atlantique 2014


De par le nombre total de phénomènes tropicaux enregistrés, la saison 2014 est en-dessous de la moyenne climatologique mais conforme à celle-ci pour le nombre d'ouragans. En moyenne, sur la période 1981-2013, douze tempêtes tropicales sont nommées chaque année ; la moitié atteint le stade d'ouragan dont trois celui d'ouragan majeur.
Cette faible activité se retrouve aussi dans le calcul de l'énergie cyclonique accumulée** (ACE) au cours de la saison. L'ACE n'a atteint en 2014 que 63% de sa valeur moyenne 1981-2010. En effet, la plupart des quelques phénomènes baptisés ont une durée de vie limitée. Tous ont "vécu" moins de dix jours, et cinq ont perdu leurs caractéristiques cycloniques dans un délai de 3 à 6 jours.

À l'origine de cette faible activité, une mousson africaine, relativement peu active en 2014 et des températures de la mer en-dessous de la normale dans la zone de développement privilégiée des cyclones. Ainsi, la naissance d'ondes tropicales (creux barométriques) a été peu favorisée et celles qui sont apparues se sont ensuite peu développées lors de leur déplacement vers l'ouest. De plus, les conditions atmosphériques générales ont été peu propices au développement de phénomènes cycloniques, avec un fort cisaillement des vents sur la verticale combiné à de l'air sec et subsident sur l'Atlantique tropical.

Une activité cyclonique concentrée essentiellement du côté du plein Atlantique

Sept phénomènes cycloniques sur neuf ont sévi du côté du plein océan Atlantique, Dolly et Hanna se sont cantonnées au Golfe du Mexique. La plupart d'entre eux ont tout de même touché des terres : Gonzalo a affecté les Petites Antilles puis les Bermudes, Bertha est passée sur les Petites Antilles, Porto Rico, la République Dominicaine, puis les Bahamas. Fay a concerné les Bermudes et Dolly le Mexique. Hanna a touché le Yucatan au Mexique, puis le Honduras et le Nicaragua. En début de vie, Cristobal a traversé les Bahamas, et enfin Arthur a longé les côtes est américaines avant de se diriger vers Terre Neuve. Seuls l'ouragan Edouard et la dépression numéro 2 ont évolué exclusivement en mer.

Zoom sur les petites Antilles

Le 1er août 2014, l'archipel des petites Antilles a été concerné par le passage de la tempête tropicale Bertha qui a occasionné, notamment en Martinique, un fort épisode pluvio-orageux avec des rafales modérées. Ces dernières ont été plus marquées en Guadeloupe avec jusqu'à 92 km/h relevés à Pointe Noire Bellevue (nord de Basse-Terre).

Le 13 octobre 2014, le nord de l'arc antillais, en particulier la Guadeloupe, Antigua et les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, ont connu un épisode cyclonique important à l'occasion du passage de Gonzalo.
À Saint-Barthélemy (Gustavia), Météo-France a enregistré une pression minimale de 985,3hPa et une rafale de vent maximale (vent de nord) de 204 km/h à 16h22 locales. À Saint-Martin (Grand Case), le vent d'est est devenu violent vers 15h pour atteindre 122 km/h en rafales, puis il s'est orienté au nord-ouest. La plus forte rafale enregistrée a atteint 151 km/h peu avant 19h (la vitesse moyenne associée étant de 88 km/h).

Images radar au passge de Gonzalo le 13 octobre 2014 14h et 20h30 UTC


Pour plus d'information, consulter le bilan complet sur notre site Antilles-Guyane.


* L'échelle de Saffir-Simpson classe les ouragans en cinq catégories selon leur intensité. Elle établit une correspondance entre la pression minimale au centre de l'ouragan, la vitesse du vent et les dégâts engendrés. On parle d'ouragan majeur à partir de la classe 3.

** À chaque cyclone est associée une énergie cyclonique accumulée, ou ACE, fonction de l'intensité de ses vents et de sa durée de vie. L'énergie accumulée au cours de la saison est ensuite calculée en additionnant les ACE des différents cyclones de la saison.

 

 

Actualité par Météo-France