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La contribution française au Giec

10/12/2007

Météo-France
Le Prix Nobel de la Paix a été remis le 10 décembre 2007 au Giec, le Groupement intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat. Serge Planton, responsable de l'Unité de recherche climatique au Centre de recherches de Météo-France, décrit l'apport de la France aux évaluations du Giec.

 

 
Serge Planton (copyright Météo-France)




Quel rôle jouent les services météorologiques dans les évaluations du changement climatique ?
Serge Planton : Les évaluations du GIEC s'appuient sur l'analyse de données d'observation et sur des simulations du climat futur utilisant des modèles. Or ce sont les services météorologiques qui gèrent et maintiennent un réseau d'observation atmosphérique et de surface fiable qui permettent de suivre l'évolution du climat. Les modèles climatiques tirent parti de l'expertise en modélisation des services météorologiques :
la partie simulant le comportement de l'atmosphère est souvent une adaptation des modèles de prévision du temps. Enfin et surtout, certains services météorologiques mènent également des recherches sur le changement climatique, essentielles pour mieux le connaître et l'anticiper.

Quelle contribution majeure de la France au Giec souhaiteriez-vous souligner ?
Serge Planton
: La participation de la France aux évaluations du GIEC a fortement progressé ces dernières années. Un scientifique français (Jean Jouzel de l'IPSL) est membre du bureau du Groupe I, en charge des travaux sur les bases scientifiques du changement climatique. Une douzaine de scientifiques français ont directement collaboré, en tant qu'auteurs principaux ou éditeurs de chapitres, à la rédaction du quatrième et dernier Rapport. Et de très nombreux autres y ont concouru en apportant des contributions écrites ou en envoyant des remarques ou des propositions de corrections.

La France maintient et développe des systèmes d'observation indispensables aux analyses des évolutions climatiques sous tous ces aspects : l'atmosphère et sa composition, l'océan, les glaces ... Mais, la principale contribution française est constituée par ses recherches climatiques. La communauté scientifique française a participé pour la première fois à un exercice international d'intercomparaison des simulations du climat futur mis en place par le GIEC. Une vingtaine de modèles climatiques pilotés par une quinzaine de groupes de recherches ont fourni des simulations pour la fin du XXI è siècle. Météo-France et l'IPSL (Institut Pierre et Simon Laplace) étaient deux de ces groupes.

Quelle contribution de Météo-France en particulier ?
Serge Planton : Météo-France mène ses propres recherches sur le changement climatique au sein de son Centre de recherches. Nous avons ainsi directement apporté des contributions au quatrième Rapport dans des domaines particuliers tels que l'étude de la variabilité du climat (moussons, cycle hydrologique, ...), les scénarios de changement climatique aux échelles globales et régionales ou encore les impacts du changement climatique sur l'enneigement et l'hydrologie. Notre participation à l'exercice de simulation du GIEC, exigeant en terme de ressources humaines et de calcul, a créé une véritable dynamique de recherche au-delà de notre seul groupe. La meilleure illustration : la collaboration de la communauté de recherche française au sein d'ESCRIME, un projet d'analyse des résultats des simulations de Météo-France et de l'IPSL.

Vous pilotez la recherche climatique à Météo-France. Quels sont les programmes de vos équipes pour les prochaines années ?
Serge Planton : Une de nos priorités est de continuer à apporter une contribution significative aux exercices d'évaluation du GIEC. Cela implique le développement de modèles globaux et régionaux du climat, la réalisation de simulations et d'analyses conduisant à des publications. Nous préparons déjà le prochain rapport (2012) en mettant en place et en évaluant le modèle climatique qui sera utilisé.
Nous comptons aussi mener de nouvelles recherches sur le climat des régions méditerranéennes à la fois pour en comprendre les mécanismes de variabilité et pour évaluer les changements de ce climat en réponse aux activités humaines. Ces recherches s'inscriront pour partie dans HyMEx, un programme d'étude du cycle de l'eau sur la région méditerranéenne. D'autres travaux auront un rapport moins direct avec l'étude du changement climatique : ainsi la prévisibilité de la saison à la décennie, les interactions entre l'océan et l'atmosphère, les interactions entre la chimie et le climat, la qualité de l'air.... Mais ces études contribueront à faire progresser la modélisation du climat.

Actualité par Météo-France