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Climatologie : Météo-France Toulouse accueille deux conférences internationales sur la reconstruction des climats passés

27/11/2012

Du 26 au 30 novembre, Météo-France Toulouse accueille deux conférences scientifiques consacrées à la recherche et sauvegarde des observations météorologiques anciennes* et à la reconstruction du climat des 19ème et 20ème siècles au moyen de réanalyses*. 50 climatologues, historiens et archivistes venus de plus de 15 pays et organisations internationales sont attendus. 
 

Du 26 au 28 : conférence du projet ERA-Clim
Coordonné par le CEPMMT (Centre européen de prévision météorologique à moyen terme), ce programme - lancé en 2011 pour durée de 3 ans - vise à étendre jusqu'en 1900 la réanalyse précédemment produite par le CEPMMT, qui remontait jusqu'en 1958. Celle-ci utilisera comme la précédente des données de surface mais aussi des données d'altitude et tiendra compte des évolutions des océans sur plus d'un siècle.
Météo-France travaille plus particulièrement sur la sauvegarde des données inédites d'observations en altitude fournies par les radiosondages, et des données des anciennes colonies françaises et des départements et régions d'outre-mer.
 

Du 28 au 30 : conférence annuelle du programme ACRE
Le programme international ACRE (Atmospheric Circulation Reconstructions over the Earth) a pour objectif de favoriser la recherche et la sauvegarde des données météorologiques anciennes sur l'ensemble du globe, et de faciliter les interactions entre les équipes travaillant sur les projets de Data Rescue et les services météorologiques produisant des réanalyses. Il associe des services météorologiques (MetOffice, NOAA, Météo-France…), des universités, des organismes internationaux, des musées ou encore des services d'archives.
Les efforts portés par ACRE ont notamment bénéficié à la réanalyse du 20ème siècle réalisée par la NOAA. Cette reconstruction n'utilise que des données de pression de surface et répond à un objectif essentiel : l'analyse des conditions de circulation à la surface terrestre, par exemple pour l'étude des tempêtes.
Associé à ACRE depuis son lancement, Météo-France y contribue en enrichissant chaque année la base de données internationale des pressions de surface. Il a ainsi récemment livré des mesures françaises inédites remontant à 1815.
 

La reconstitution des climats passés : un thème de recherche majeurs pour Météo-France
En plus de ses contributions à ERA-Clim et ACRE, Météo-France est engagé dans plusieurs projets de recherche et sauvegarde de données, et de reconstruction des conditions météorologiques passées à l'échelle de la France. L'établissement travaille notamment à la valorisation des archives du climat français, en collaboration avec les Archives nationales du Ministère de la Culture et de la Communication et avec le soutien de la Fondation BNP Paribas. Cette action est inscrite au Plan National d'Adaptation au Changement Climatique.
Météo-France mène aussi le projet CHEDAR, qui a pour objectif d'évaluer la capacité des modèles numériques à simuler les séquences météorologiques emblématiques (vagues de chaleur ou de froid, épisodes post-éruption volcanique…) des 18ème et 19ème siècles.
Enfin, l'exploration de l'ensemble des fonds documentaires conservés dans l'établissement est en cours, avec de multiples actions de valorisation (numérisation, alimentation des projets mentionnés plus haut…).
 

* En savoir plus sur la sauvegarde des données anciennes et les réanalyses

La sauvegarde des données anciennes consiste à rechercher, inventorier, numériser et valoriser des observations passées, notamment celles répertoriées dans les documents d'archives. Malgré les efforts entrepris, les observations disponibles restent insuffisantes pour mener toutes les  études souhaitées sur l'évolution du climat. Elles restent hétérogènes et inégalement réparties. De plus, elles ne couvrent pas l'ensemble des phénomènes qu'il faut documenter.
Les données recueillies sont donc homogénéisées (on « retire » les erreurs de mesure, issues notamment de l'évolution des points et techniques de mesure au fil du temps), ou alimentent des réanalyses, qui comblent les manques par le calcul. Pour ces réanalyses, les climatologues utilisent pour cela des modèles climatiques, employés aussi pour les simulations d'évolution du climat futur. A partir de toutes les observations météo passées disponibles, les modèles calculent les paramètres manquants, offrant ainsi des informations plus complètes aux scientifiques.
Les réanalyses sont des sources précieuses pour les climatologues. La modélisation des phénomènes permet d'aborder des mécanismes climatiques qui seraient restés non documentés. C'est par exemple une réanalyse des conditions hydrométéorologiques de surface, réalisée sur la période 1958-présent, qui permet à Météo-France de suivre et qualifier au quotidien l'intensité des sécheresses actuelles.

 

Actualité par Météo-France