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Crue de la Seine en 1910 : la situation météorologique

27/01/2010

Copyright Météo-FranceDes sols saturés dès la fin de l'année 1909

Les conditions météorologiques à l'origine de la crue de la Seine de janvier 1910 se sont mises en place dès l'automne précédent. La fin de l'année 1909 a été très humide : les précipitations observées sur les quatre derniers mois étaient supérieures de 38% aux normales. Le mois de novembre a été assez sec, mais la faible évaporation à cette période a maintenu les sols humides et ainsi contribué à accélérer leur saturation en décembre. Décembre 1909 a été à la fois abondamment et régulièrement arrosé, avec un excédent de pluie de l'ordre de 50 %. Fin 1909, les cours d'eau atteignaient déjà des niveaux élevés.

Janvier 1910, un mois très humide

En janvier 1910, les précipitations (pluies et neige) ont été fréquentes sur le bassin versant de la Seine : des cumuls de l'ordre 100 mm sur la moitié nord-ouest du bassin et de plus de 140 mm sur l'autre moitié, voire même 250 à 300 mm dans le Morvan (*). Ces valeurs mensuelles élevées n'expliquent pas à elles seules l'ampleur sans précédent de la crue. C'est la succession d'épisodes pluvieux rapprochés au cours du mois sur des sols gorgés d'eau, combinée à la fonte de la neige sur un sol gelé (et donc limitant l'infiltration dans le sol) qui a constitué l'élément déclencheur.

* normales mensuelles de précipitations (1971-2000) : 50 mm sur Paris et 170 mm sur le Morvan

Des épisodes pluvieux à répétition

Au cours du mois de janvier 1910, trois périodes perturbées distinctes apportant de la pluie et de la neige ont provoqué le phénomène de crue.

  • Le premier épisode, du 9 au 12 janvier, accompagné de précipitations modérées, a probablement contribué à saturer les sols sur une grande partie du bassin versant de la Seine.
  • Ensuite, plusieurs perturbations actives se succèdent dans un rapide courant d'ouest du 17 au 20 janvier, générant des pluies très abondantes. En quatre jours, la moitié Nord du bassin de la Seine a recueilli 30 à 50 mm, la moitié Sud 60 mm à 100 mm, voire plus de 130 mm sur le Morvan. Ces cumuls sont exceptionnels en cette saison sur une durée aussi courte : ils correspondent sur la moitié Sud du bassin aux hauteurs relevées habituellement au mois de janvier.

  • Du 23 au 25 janvier, un troisième épisode a apporté des précipitations modérées sur l'ensemble du bassin amplifiant le phénomène de crue déjà amorcé. En deux jours, on relève 19 mm à Paris, 20 mm à Auxerre, 23 mm à Avallon et 36 mm à Bar-sur-Aube.

Une crue mémorable à Paris

Entre le 20 et le 28 janvier 1910, Paris a connu une crue record, qualifiée de centennale. Le 28 janvier 1910, le niveau de la Seine atteint une hauteur exceptionnelle : 8,42 m au Pont de la Tournelle et 8,62 m à la station de Paris-Austerlitz. La décrue commence le 29 janvier, mais la Seine ne retrouve son lit normal (moins de 2,5 m à Paris-Austerlitz) que le 16 mars 1910.

Photographie : crue de la Seine en 1978  © Météo-France

 

 

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