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Déperdition record d'ozone stratosphérique au-dessus de l'Arctique au printemps 2011

24/05/2011

Au printemps 2011, la destruction de la couche d'ozone* a atteint des records au-dessus de l'Arctique, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). La persistance de substances nocives associées à un hiver plus froid que la normale dans la stratosphère** ont causé la déperdition de l'ozone. En raison de la longue durée de vie de ces composés dans l'atmosphère, il faudra attendre plusieurs dizaines d'années avant que leurs concentrations ne reviennent aux niveaux d'avant 1980, objectif fixé par le Protocole de Montréal***.

En Antarctique, le trou dans la couche d'ozone est un phénomène annuel survenant en hiver et au printemps. Dans la zone Arctique, les conditions météorologiques sont plus fluctuantes d'une année sur l'autre, et les températures sont toujours plus élevées qu'en Antarctique. C'est ainsi que certains hivers arctiques se caractérisent par une déperdition d'ozone quasi nulle alors que d'autres années, la persistance de basses températures stratosphériques après la fin de la nuit polaire peut entraîner une destruction importante de l'ozone.
 

L'observation de la stratosphère

Ces observations sont effectuées à partir du sol, par ballon-sonde au-dessus de l'Arctique, ou par satellite. Les mesures effectuées par l'instrument satellitaire SCIAMACHY révèlent une abondance record de la molécule OClO, composé qui participe à la destruction de l'ozone.
Du début de l'hiver à la fin du mois de mars 2011, on a constaté une déperdition record de la colonne d'ozone d'environ 40% dans (30% pour le record précédent). Les valeurs minimales sont observées aux alentours de 19/20 km d'altitude, là où les températures sont inférieures à -78°C.
Fin mars, les masses d'air pauvres en ozone quittaient les régions polaires pour s'installer au-dessus du Groenland et de la Scandinavie. Comme la hauteur du soleil au-dessus de l'horizon augmentent jusqu'au 21 juin, les régions concernées par la raréfaction de l'ozone connaîtront un rayonnement ultraviolet anormalement élevé pour la saison.

 

La reconstitution de la couche d'ozone

La reconstitution de la couche d'ozone est longue. Les substances appauvrissant la couche d'ozone, chlorofluorocarbones (CFC) et les halons, ont été progressivement éliminées conformément aux dispositions du Protocole de Montréal. Cependant, elles persisteront plusieurs dizaines d'années dans l'atmosphère. Dans les régions polaires, la concentration de ces substances devra être divisée par dix afin de retrouver la même couche d'ozone qu'en 1980.
Le trou formé au printemps en l'Antarctique devrait persister jusque vers 2045-2060. En Arctique, le retour à la normale interviendrait 10 à 20 ans plus tôt. Hors des régions polaires, la couche d'ozone devrait revenir au niveau d'avant 1980 vers 2030-2040, d'après l'évaluation scientifique OMM-PNUE de l'appauvrissement de la couche d'ozone.

 

* La couche d'ozone protège les organismes vivants des effets nocifs du rayonnement ultraviolet. L'ozone stratosphérique constitue ce qu'on appelle la couche d'ozone, qui absorbe le rayonnement ultraviolet émis par le Soleil et protège par conséquent les organismes vivants de ses effets nocifs. L'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre se traduit par une hausse des températures à la surface de la Terre tandis que, parallèlement, la stratosphère se refroidit.

**  La stratosphère est la deuxième grande couche de l'atmosphère terrestre en partant du sol. La stratosphère est la deuxième couche principale de l'atmosphère, située au-dessus de la troposphère et sous la mésosphère, entre 10 et 50 km d'altitude environ. Elle renferme environ 90 % de l'ozone atmosphérique, les 10 % restants se trouvant dans la troposphère.

*** Le Protocole de Montréal, destiné à éliminer progressivement la production et l'utilisation de substances nocives pour l'ozone, a été conclu en 1987.

 

Actualité par Météo-France