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Prévision saisonnière et canicules

30/05/2011

Copyright Météo-FranceLe bulletin de prévision saisonnière de Météo-France prévoit un trimestre juin-juillet-août globalement plus chaud que les normales saisonnières. Que signifie cette prévision ?

Météo-France prévoit que la température, moyennée sur l'ensemble de ce trimestre, sera supérieure à la normale saisonnière*, c'est-à-dire qu'il fera, en moyenne sur notre territoire, plus chaud que la normale.

*La normale saisonnière est obtenue en calculant la moyenne de la température moyenne observée chaque été sur la période 1979-2007. La normale saisonnière, également appelée normale climatologique, est donc une caractéristique du climat des trente dernières années.

La prévision saisonnière : une prévision « probabiliste » sur les conditions moyennes sur un trimestre

La prévision saisonnière porte sur la moyenne trimestrielle de paramètres météorologiques (température, précipitations) pour les mois à venir. Il ne s'agit pas de prévisions classiques (« déterministe ») décrivant dans le détail, jour après jour, la situation météorologique (type de temps, températures minimale et maximale, force et direction du vent), mais d'une prévision « probabiliste ». En effet, elle exprime le scénario le plus probable parmi trois scénarios prédéfinis: proche, en dessous, ou au-dessus des moyennes saisonnières. On cherche à déterminer si l'été prochain sera, par exemple, en moyenne plus chaud et sec ou plus froid et humide que la normale en Europe de l'Ouest.

Comment réalise-t-on des prévisions saisonnières ?

On utilise comme pour les prévisions classiques des simulations numériques, mais en prenant en compte à la fois l'océan et l'atmosphère, à plusieurs mois d'échéances. Les modèles de prévisions utilisés, dits couplés « Océan-Atmosphère », simulent les échanges entre l'atmosphère et les océans ainsi que l'évolution des deux milieux. L'océan évolue plus lentement que l'atmosphère et influence durablement celle-ci : c'est pour cela que l'océan est l'un des principaux acteurs de la prévisibilité aux échéances saisonnières.   

Chaque mois, un groupe d'experts de Météo-France et de Mercator Océan évalue les résultats des modèles et détermine le scénario le plus probable pour le trimestre à venir (proche, au-dessus, en-dessous de la moyenne). Dans certains cas et pour certaines régions l'océan n'influence pas suffisamment l'atmosphère pour qu'un scénario puisse être privilégié. On indique alors cette incertitude par le scénario suivant : « pas de scénario privilégié ».

Quelle est la fiabilité des prévisions saisonnières ?

Les performances des prévisions saisonnières sont très variables selon le lieu, la saison et le paramètre météorologique concerné. La prévisibilité de la température en Europe de l'Ouest sans être nulle, reste faible.  Ceci est dû aux caractéristiques de la circulation générale de l'atmosphère aux latitudes tempérées. Il ne faut pas leur faire dire plus qu'elles ne signifient, surtout sous nos latitudes. En particulier, la fiabilité des prévisions saisonnières pour le paramètre précipitation, en France et en été, est particulièrement faible.

En revanche, les prévisions saisonnières sont beaucoup plus fiables dans les régions tropicales, c'est-à-dire, pour nous, dans les département et territoires d'outre-mer.

Est-ce que prévoir un été plus chaud que la normale saisonnière signifie que nous aurons probablement des canicules cet été ?

Il est impossible de prévoir avec la prévision saisonnière des canicules (ou des vagues de froid) dont la durée varie de quelques jours à quelques semaines. La prévision saisonnière s'efforce seulement de déterminer les conditions moyennes pour le trimestre à venir, sans détail dans la chronologie. Ainsi, on pourrait observer des épisodes de canicule au cours de l'été avec au final une moyenne trimestrielle de la température proche ou inférieure aux normales saisonnières. Ainsi, pendant l'été 2006, un épisode de canicule a eu lieu en juillet, mais en août la température a été inférieure à la normale.

A quelle échéance peut-on prévoir l'arrivée d'une canicule sur notre pays ? 

La prévision des canicules est réalisée par Météo-France à l'aide des techniques de prévision classiques, aux échéances plus courtes. Les prévisionnistes analysent  les résultats des modèles de prévision et déterminent le type de temps, les températures minimales et maximales, la force et la direction du vent. Et ceci heure par heure (pour les premiers jours de la prévision), jour par jour (pour les échéances plus lointaines, jusqu'à 9 jours).

A l'heure actuelle, il reste scientifiquement impossible de prévoir dans le détail (à la fois dans l'espace et dans le temps) les situations météorologiques plus d'une dizaine de jours à l'avance.  Le début ou la fin d'un épisode de canicule (ou de froid) ne peut donc pas être prévu plus d'environ 10 jours à l'avance.

Toutefois, en utilisant des techniques de prévision probabilistes voisines de celles utilisées en prévision saisonnière, on peut prévoir la probabilité qu'une des deux ou trois semaines à venir soit particulièrement chaude.  Cela permet aux prévisionnistes de se préparer à l'avance à l'arrivée d'une possible canicule.
En France, la période des fortes chaleurs pouvant donner lieu à des canicules s'étend généralement du 15 juillet au 15 août, parfois depuis la fin juin.

Une forte chaleur devient dangereuse (on parle alors de canicule) pour la santé dès qu'elle dure plus de trois jours, et que les températures minimales nocturnes restent élevées, généralement supérieures à 21 degrés, ce qui ne permet plus aux organismes fragiles de récupérer.  La carte de Vigilance météorologique de Météo-France est étendue depuis 2004 aux canicules.

Les situations météorologiques favorisant l'apparition des canicules

En été, la position de l'anticyclone dit « des Açores » détermine le type de temps qu'il fait sur la France.
Si l'anticyclone s'installe sur le nord ou  la façade Atlantique de l'Europe, le temps est plutôt chaud sur notre pays. Les hautes pressions forment alors un obstacle au passage des perturbations atlantiques rafraîchissantes. Des vents d'Est ou de Sud apportent de l'air chaud et sec sur la France. Si ces conditions perdurent, un épisode de canicule peut s'installer parfois plusieurs jours, voire une semaine ou davantage. C'est ce qui s'est produit en août 2003 ou juillet 2006.

 

Actualité par Météo-France