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CAPITOUL, une campagne de mesure pour étudier la météorologie urbaine

31/03/2004

Météo-FranceMétéo-France a débuté une campagne de mesure intensive d'un an sur la ville de Toulouse. Baptisée Capitoul, cette étude est destinée à mieux connaître les phénomènes météorologiques urbains.

La météorologie urbaine : des phénomènes méconnus

La prévision du temps repose actuellement sur des modèles numériques (simulation informatique du comportement de l'atmosphère) qui représentent les masses d'air à l'échelle d'un continent, d'un pays ou d'une région.


Or, dans les zones urbanisées, là où vit la majorité de la population, se produisent des phénomènes météorologiques particuliers et de petite échelle :

- " L'îlot de chaleur urbain " : la température au sol en ville est plus élevée que dans les zones rurales qui l'entourent. L'écart de température observé entre le centre d'une ville et ses alentours est surtout sensible la nuit (température minimale). Il peut atteindre 10 °C dans certaines grandes agglomérations, telles que Paris ou Londres.

- la " brise urbaine " : un vent d'environ 5 km/h naît de cette différence de température. Il est baptisé ainsi par analogie avec la brise de mer.

Ces phénomènes sont mal connus des météorologistes et ne peuvent pas être pris en compte dans les modèles actuels. Capitoul permettra dans un premier temps d'améliorer la connaissance de ces mécanismes grâce aux données recueillies durant un an.

 

Une campagne de mesure sur une ville de référence, Toulouse

Toulouse a été retenue comme site pilote de cette étude en raison de ses caractéristiques météorologiques. Située à distance de la mer et de la montagne, elle n'en subit pas les effets. Elle possède un climat semi-continental simple, caractérisé par deux vent dominants (sud-est et nord-ouest). De par sa taille et le nombre de ses habitants, elle présente bien les phénomènes d'îlot de chaleur et de brise urbaine, objets de cette expérience. L'étude sur Toulouse sera ainsi applicable à d'autres villes continentales françaises. Enfin, Toulouse réunit une bonne part de la recherche météorologique française qui participe à Capitoul.

 

Un vaste dispositif de mesure sur Toulouse et ses environs
Un réseau d'observation permanent a été mis en place pour recueillir des données dans des conditions météorologiques variées jusqu'à mars 2005. Il comprend 40 sites de mesure répartis sur l'ensemble de l'agglomération toulousaine, 2 radars vent et 50 stations d'observation terrestre de Météo-France.
Un dispositif complémentaire sera également activé sur alerte les jours présentant une situation anticyclonique favorable à l'observation de l'impact de la ville sur l'atmosphère. Ces mesures intensives seront réalisées à l'aide du Piper Aztec, un avion de recherche de Météo-France, et de ballons-sonde.

 

Construire les modèles de prévision de demain

Capitoul fournira aux chercheurs les moyens de tester les modèles numériques de prévision du temps de demain. Météo-France a développé depuis 1998 un modèle d'étude qui simule les échanges d'énergie entre une ville et l'atmosphère. Baptisé TEB (Town Energy Balance), cet outil est conçu pour prévoir la température et l'humidité dans une ville, à l'échelle d'un quartier.
La base de données météorologiques constituée par Capitoul permettra de valider le modèle expérimental TEB et de construire d'ici à 5 ans un modèle opérationnel capable d'appréhender les processus de la météorologie urbaine. Ce modèle pourra simuler les phénomènes de l'ordre de 2 km et ainsi améliorer la prévision météorologique sur les grandes agglomérations françaises.

Avec ce futur modèle de prévision, les météorologistes pourront prévoir la température avec une plus grande précision sur une ville et dans la zone rurale alentour. Cela permettra, par exemple, de mieux prévoir les précipitations neigeuses en ville et en banlieue, là où les conséquences sur les transports sont les plus importantes.

 

Photographie : copyright Météo-France

 

 

Actualité par Météo-France