Imprimer Envoyer á un ami

Chomo-Lonzo 2005 , une expédition himalayenne routée depuis Météo-France Chamonix

27/05/2005

Cette expédition réunit 8 alpinistes français professionnels parmi les meilleurs. Le chef d'expédition est Christophe Moulin, alpiniste extrême dans les Alpes, l'Himalaya et l'Alaska. Leur objectif consiste à gravir dans l'Himalaya deux sommets vierges de plus de 7000 m, le sommet central (7 540 m) et le sommet nord (7 199 m) de la chaîne du Chomo-Lonzo. La tactique de ces grimpeurs hors-pair : privilégier l'acclimatation et la préparation pour tenter les sommets en 3 cordées autonomes en combinant vitesse et légèreté.


Pour tenter ce défi, ils s'appuient sur les prévisions établies par Yannick Giezendanner, prévisionniste de Météo-France à Chamonix. Yannick est spécialisé en météorologie de haute montagne et particulièrement en météo himalayenne.
Ce projet est conduit par le Comité de l'Himalaya et des expéditions lointaines de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME).


Météo-FranceEntretien avec Christian Trommsdorff, alpiniste passionné par la haute altitude, de l'Everest au Makalu, membre de l'expédition joint par téléphone satellite mardi 26 avril.





Où êtes-vous actuellement ?
Christian Trommsdorff : Nous sommes actuellement à notre camp de base, au fond de la vallée tibétaine de Kanshung, au pied du Chomo-Lonzo. C'est un très beau camp, installé sur une moraine à 4 650 mètres. Il représente environ 4 à 5 terrains de football. On peut voir les marmottes sortir de leur hibernation sur cette gigantesque pelouse d'altitude.
Nous sommes surtout au pied de trois sommets mythiques : l'Everest, le Lhotsé et le Makalu…

Quelle météo avez-vous eue jusque là ?
Christian Trommsdorff : Depuis notre départ de Lhassa, nous avons eu globalement assez beau temps. Nous avons parcouru en jeep des pistes de terre durant 3 jours. Puis, nous avons fait une marche de 6 jours pour rallier le camp de base. 50 yaks nous accompagnaient, chargés du matériel et des provisions de l'expédition. Notre marche a été ralentie deux jours par un col enneigé à 5000 m d'altitude. Il a fallu creuser des tranchées pour permettre aux yaks de passer.

Quelles sont les conditions météo ?
Christian Trommsdorff : Le temps à notre camp de base (4 650 m) est souvent beau le matin, puis l'après-midi, nous avons des conditions instables avec des averses de neige. Sur le Chomo-Lonzo, les conditions de neige varient selon les versants : la face ouest, balayée par les vents, est sèche, désertique. Les versants est et nord-est sont très enneigés.

Quelles sont les conditions idéales attendues pour vos tentatives ?
Christian Trommsdorff : L'absence de vent. C'est le paramètre crucial pour nous. Le vent en haute altitude peut souffler en tempête, jusqu'à 150 km/h. Nous avons besoin d‘un créneau de 3 ou 4 jours consécutifs sans vent pour lancer notre tentative. Nous pouvons éventuellement nous arrêter au cours d'une tentative, mais seulement si nous sommes vers 6 500 m. Plus haut, nous ne pourrions pas nous arrêter longtemps.

Nous avons des contacts quotidiens avec Yannick Giezendanner, prévisionniste à Météo-France Chamonix. Ses bulletins nous permettent d'optimiser nos déplacements : prévoir des repos les jours de mauvais temps et des sorties quand la météo est favorable.

Comment se passe votre acclimatation à l'altitude ?
Christian Trommsdorff : Elle se poursuit progressivement comme nous l'avions voulue. Nous sommes partis de Lhassa à 3 600 m, puis avons gagné 4 300 m en jeep, puis de nouveau 3 700 m.
Nous avons déjà réalisé deux sorties jusqu'à 7 000 m. Chacun a pu passer des nuits entre 5500 et 6 000 m. Nous avons aussi fait des dépôts de matériel, car notre expédition se veut « légère », nous n'avons donc ni porteurs d'altitude, ni d'autres camps installés à diverses altitudes.


Suivre la météo de l'expédition


En savoir plus sur Chomo-Lonzo 2005

Notre prochain dossier :
Rencontre avec Yann Giezendanner, prévisionniste haute montagne Météo-France


Actualité par Météo-France