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Fin de semaine perturbée sur la France

12/12/2014

Lundi 8 décembre, la dépression Alexandra a connu, au sud puis à l'est du Groenland, un creusement spectaculaire, appelé  « bombe météorologique »* : la pression en son centre est passée de 994 hPa (lundi à 0h UTC) à 942 hPa (mardi 0h UTC), soit une chute de 52 hPa en 21 heures. Un effet qui résulte de l'interaction avec un courant jet particulièrement puissant, atteignant les 370 km/h (soit 200 nœuds) sur l'Atlantique Nord.

La cyclogenèse explosive d


La cyclogenèse explosive d'Alexandra du 8 décembre (00h UTC) au 9 décembre 2014 (12h UTC) vue par le modèle Arpege. Pression au niveau de la mer (isobares en marron) et jet en altitude (force du vent supérieure ou égale à 120, 140, 160, 180 et 200 nœuds par plage de couleur respectivement en bleu, en vert, en vert clair, en jaune et en orange) © Météo-France (cliquer sur l'animation pour l'agrandir)

 

L'Islande a été touchée dès la soirée de lundi à mardi par des vents violents, atteignant jusqu'à 155 km/h à Hveravellir au centre du pays et 111 km/h dans la capitale Reykjavik. Au cours de la journée de mardi, la dépression, désormais creuse et mature, a engendré un courant d'ouest puissant avec des vents atteignant par endroit la force d'un ouragan**, qui ont balayé de grandes étendues maritimes pendant de nombreuses heures. Conséquence : une mer « énorme », avec des hauteurs significatives de vagues supérieures à 14 m.

Mercredi 10, le vent était violent sur l'Écosse et le nord de l'Irlande, avec des rafales sur les côtes jusqu'à 130 km/h. Mais c'est surtout la hauteur et la puissance des vagues qui ont affecté les littoraux ouest de l'Écosse et le nord de l'Irlande qui ont été remarquables : les vagues ont atteint au large près de 16 m et étaient associées à une surcote de 50 à 80 cm.

Image satellite du 9 décembre 2014 à 12h UTC
Image satellite du 10 décembre 2014 à 12h UTC, Alexandra est centrée entre l'Islande et l'Écosse
© Météo-France


Après le passage de la perturbation liée à Alexandra mercredi sur la France, un ciel de traîne a dominé durant la journée de jeudi, apportant des averses importantes surtout sur le nord de la France. On a ainsi relevé jusqu'à 21 mm au lac d'Alfeld, dans les Vosges, ou encore 18,6 mm à Oisemont (Somme) et Ectot-les-Baons (Seine-Maritime), soit l'équivalent de près d'une semaine de pluie. Le vent a parfois soufflé fort, notamment sur le Cotentin, jusqu'à 104 km/h à Gouville jeudi matin.

Simultanément, une nouvelle dépression, Billie, s'est creusée sur l'Atlantique nord, et s'est rapprochée des îles Britanniques, qu'elle a traversées dans la nuit de jeudi 11 à vendredi 12. Le vent s'est renforcé pendant la nuit, pour atteindre en fin de nuit et dans la matinée jusqu'à 130 km/h à la pointe du Toulinguet (Finistère), 125 km/h à Boulogne sur Mer (Pas de Calais), 98 km/h à Brest. Dans les terres, les rafales ont souvent atteint en plaine 60 à 70km/h, jusqu'à 89km/h à Cambrai (Pas de Calais). Sur la moitié nord, il s'agit souvent du premier coup de vent depuis début novembre.

Les pluies associées à cette perturbation concernent déjà la moitié nord vendredi 12, avec des pluies plus soutenues au passage du front froid. Ce dernier devrait s'attarder sur le nord du pays en se décalant néanmoins vers l'Est jusqu'à samedi en fin de journée, avant de laisser place à des éclaircies, surtout sur le Nord-Ouest. Dimanche s'annonce plus calme mais plus froid, avec le retour de nombreuses gelées matinales sur la moitié nord.



* cette expression est utilisée par les météorologistes pour qualifier une baisse de pression supérieure ou égale à  24 hPa en 24h
** soit 118 km/h en vent moyen

 

 

Actualité par Météo-France