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Une saison cyclonique 2013 peu active en Atlantique Nord

17/12/2013

La saison cyclonique 2013 est officiellement terminée depuis le 30 novembre.  On dénombre au total 14 phénomènes cycloniques sur le bassin Nord Atlantique, dont 13 ont atteint le stade de tempête tropicale et ont donc été baptisés. Parmi ces treize tempêtes tropicales, deux ont été classées au stade d'ouragan.
Ces deux ouragans, Humberto et Ingrid, n'ont pas dépassé la catégorie 1 sur l'échelle de Saffir-Simpson*.


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De par le nombre total de phénomènes tropicaux enregistrés, la saison 2013 s'inscrit dans la moyenne climatologique. Toutefois, avec seulement deux ouragans, elle a été bien moins active que la normale. Depuis 1982, le nombre d'ouragans n'a jamais été aussi bas et c'est la première année depuis 1994 qu'aucun ouragan majeur ne s'est formé sur les bassins Atlantique et mer des Caraïbes. En moyenne, sur la période de référence 1981-2010, 12 tempêtes tropicales sont nommées chaque année, la moitié atteint le stade d'ouragan dont 3 celui d'ouragan majeur.

Cette faible activité se retrouve aussi dans le calcul de l'énergie cyclonique accumulée (ACE)** au cours de la saison. L'ACE 2013 reste déficitaire de 67% par rapport à la moyenne 1981-2010. C'est la valeur la plus basse jamais observée depuis 1994.

Dans l'ensemble, les phénomènes ont relativement peu touché les terres habitées. On retiendra toutefois les phénomènes  Ingrid, Barry, ou Fernand, qui ont causé des inondations et glissements de terrain au Mexique, au Honduras, à Belize, et Andrea (inondations aux USA).
À noter également une conjonction exceptionnelle, au Mexique en septembre : la tempête tropicale Ingrid a atteint les côtes Est du Mexique, alors que l'ouragan Manuel, né dans l'océan Pacifique, en frappait les côtes Ouest.

Zoom sur les Antilles :

L'arc antillais n'a été traversé que par un seul cyclone en 2013. Le 9 juillet, le centre de la tempête tropicale Chantal a circulé rapidement dans le canal de Sainte-Lucie avant de continuer son chemin en mer des Caraïbes.
Des Petites Antilles, la Martinique a été l'île la plus touchée, et, particulièrement, les communes du Sud (Sainte-Anne, le Diamant et les Anses d'Arlet), tant au niveau des précipitations recueillies (119 mm en 24 h aux Anses d'Arlet, dont 90 mm en 3 h seulement) que des rafales de vent mesurées (jusqu'à 130/140km/h). Sur le relief, plus au Nord (Morne des cadets), les rafales ont atteint 150 à 170km/h. On a noté cependant aucun dégât majeur.

Depuis 1900, on a recensé, pendant les mois de juillet, seulement 3 tempêtes tropicales localisées dans un rayon de 80 km autour du centre de l'île de la Martinique : Chantal en 2013,  et avant elle deux autres tempêtes, l'une les 4 et 5 juillet 1901, l'autre le 22 juillet 1926.

Ci-dessous : trajectoire de la tempête tropicale Chantal lors de sa traversée de l'arc antillais. Les portions de cercles indiquent, en orange clair, les zones affectées par des vents compris entre 34 nœuds (63 km/h) et 50 nœuds (90 km/h), et, en orange plus foncé,  la zone d'extension des vents supérieurs à 50 nœuds. On constate que la Martinique s'est trouvée momentanément impactée par les vents les plus forts, et que la Guadeloupe n'a pas été vraiment touchée.

 

Visualisez la galerie photos de la saison cyclonique 2013 sur l'Atlantique Nord


* L'échelle de Saffir-Simpson classe les ouragans en cinq catégories selon leur intensité. Elle établit une correspondance entre la pression minimale au centre de l'ouragan, la vitesse du vent et les dégâts engendrés. On parle d'ouragan majeur à partir de la classe 3.

**A chaque cyclone est associée une énergie cyclonique accumulée, ou ACE, fonction de l'intensité de ses vents et de sa durée de vie.  L'énergie accumulée au cours de la saison est ensuite calculée en additionnant les ACE des différents cyclones de la saison.

 

 

Actualité par Météo-France