Faire progresser la prévision saisonnière

Une prévisibilité meilleure dans la zone tropicale qu’aux latitudes tempérées

L'atmosphère est un système « chaotique » : au-delà d'une certaine échéance, deux états atmosphériques très proches au départ peuvent évoluer vers deux états finaux très différents. C'est l'« effet papillon »1. En pratique, il est impossible de décrire l'état  initial de l'atmosphère avec suffisamment de précision pour pouvoir prévoir son évolution réelle de manière univoque. Les équations qui régissent l'évolution de l'atmosphère fournissent un ensemble de solutions, qui décrivent toutes une évolution possible de l'atmosphère à longue échéance. L'atmosphère réelle va suivre un seul de ces scénarios, pas systématiquement la solution moyenne. Aucun modèle numérique ne peut prédire lequel avec certitude.

Ainsi les prévisions saisonnières ne font pas émerger un scénario certain pour le trimestre à venir (plus/moins chaud, plus/moins humide que la normale), mais fournissent un jeu de scénarios possibles, plus ou moins probables.

Pour estimer les probabilités associées à chacun des scénarios, les climatologues comparent les résultats de divers modèles numériques. Aux moyennes latitudes, et notamment en Europe, le consensus entres les modèles est rare. Il est alors très difficile pour les climatologues de  dégager une distribution des températures et précipitations pour la saison à venir différente de la distribution climatologique, fondée sur les observations des années antérieures.
Pour la zone tropicale, la prévisibilité est en revanche bien meilleure.

 

1 : Cette métaphore de la sensibilité aux conditions initiales a été utilisée pour la première fois en 1972 par le météorologiste E. Lorenz