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Adapter les villes au changement climatique

03/10/2014

Lancé en 2009, le projet de recherche MUSCADE* a permis d'évaluer l'impact de différents scénarios d'évolution de la ville à l'échelle du siècle sur le climat urbain et la consommation énergétique des bâtiments. Coordonné par le Centre national de recherches météorologique (Météo-France/CNRS), MUSCADE réunit des météorologues, des économistes, des architectes, des géographes et des spécialistes du bâtiment. Ses résultats, qui apportent les éléments d'évaluation nécessaires aux concepteurs de la ville de demain, ont été rendus publics le 3 octobre.

Modéliser l'évolution de la ville

Au sein du projet MUSCADE, le système ville, son évolution et les processus liés à l'énergie, sont simulés grâce à un modèle numérique. Pour représenter la ville future, des projections ont été construites en combinant des hypothèses climatiques et macroéconomiques (prix de l'énergie, croissance, démographie), mais également des hypothèses d'évolution du domaine urbain (ville étendue, compacte), des techniques de bâti (matériaux, réglementations) et de la production d'énergie décentralisée (technologies, choix d'implantation).

Comment repenser et faire évoluer la ville

Les résultats obtenus amènent aux conclusions suivantes :

En matière de végétalisation et d'irrigation :
-    La végétalisation de pleine terre est plus efficace que celle des toits pour rafraîchir l'air de la ville.
-    Les toits végétalisés ont une influence limitée sur le confort extérieur mais peuvent améliorer l'isolation du bâti.
-    Dans tous les cas, la végétation doit être suffisamment arrosée pour avoir un effet rafraîchissant en été. Cela nécessite une ressource en eau importante et implique donc de développer des systèmes de gestion de l'eau à l'échelle locale (récupération d'eau à l'échelle du quartier ou du bâtiment). Par ailleurs, les stratégies de végétalisation de la ville sont indissociables des choix de formes architecturales, qui contraignent la surface au sol disponible.

En matière d'implantation urbaine :
-    L'îlot de chaleur urbain est peu influencé par la taille et la forme de la ville. Toutefois, le confort thermique des habitants est dégradé en ville compacte, du fait de la concentration dans le centre de l'agglomération.
-    Dans un contexte de réchauffement climatique, les consommations d'énergie du bâti restent similaires pour les villes étendues et compactes.
-    L'impact d'une politique de contrôle de l'étalement urbain a peu d'influence sur les émissions de gaz à effet de serre résultant des consommations d'énergie des bâtiments. Ces émissions sont essentiellement conditionnées par les choix de technologies pour les moyens de transport.

En ce qui concerne le recours à l'énergie solaire :
-    L'utilisation de panneaux solaires permet de diminuer très légèrement l'îlot de chaleur urbain.
-    En climat futur, la production d'énergie solaire résultant de l'implantation massive de panneaux photovoltaïques sur les toits pourrait compenser à l'échelle annuelle la consommation d'énergie des bâtiments pour le chauffage et la climatisation.
 

Pour en savoir plus, consultez notre communiqué de presse et le rapport MUSCADE complet.



* : Modélisation Urbaine et Stratégie d'adaptation au Changement climatique pour Anticiper la Demande et la production Énergétique.